Température: Des scientifiques découvrent que notre corps peut chauffer jusqu'à 50°C

ETUDE Cette découverte pourrait ouvrir de nouvelles pistes concrètes en matière médicale, notamment dans le cas de pathologies en lien avec un déréglement de température...

20 Minutes avec agence

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Un homme marche près d'un thermomètre pendant une vague de chaleur à Séville (Espagne), le 5 septembre 2016.

Un homme marche près d'un thermomètre pendant une vague de chaleur à Séville (Espagne), le 5 septembre 2016. — JULIO MUNOZ/SIPA/1609051853

Alors que l’on pensait que la température physiologique du corps humain était de 37°C, elle serait en réalité de 50°C au cœur des cellules. C’est ce qui ressort des travaux des chercheurs français Dominique Chrétien, Paule Bénit et Pierre Rustins sur la régulation de chaleur du corps humain, dans un article publié sur le site bioRxiv.

Leur découverte porte sur les mitochondries, de minuscules éléments d’un micromètre de longueur, souvent décrites comme les « centrales énergétiques » de nos cellules.

Les « radiateurs » de l’organisme

« Sans elles, un muscle ne pourrait pas se contracter, une information n’arriverait pas à transiter vers le cerveau », explique au Parisien Guy Lenaers, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Les mitochondries servent également à maintenir le corps à une température de 37°C. Pour cela, leur température doit être plus élevée. « Si vous voulez qu’une pièce soit à 20°C, le radiateur doit chauffer plus fort », note Guy Lenaers.

Pour étayer sa démonstration, l’équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a introduit dans les cellules un produit fluorescent, dont l’intensité augmente selon la chaleur. Ce qui a permis aux chercheurs de prouver que « les mitochondries sont plus chaudes de 10°C ».

Une avancée pour la recherche médicale

Cette découverte pourrait ouvrir de nouvelles pistes concrètes en matière médicale, notamment dans le cas de pathologies en lien avec un dérèglement de température, comme la fièvre, les inflammations musculaires, ou les bouffées de chaleur au moment de la ménopause.

Les travaux, conduits avec des scientifiques internationaux, sont actuellement soumis à un comité d’experts. Ils devraient être par la suite publiés dans la prestigieuse revue américaine Science​.