Illustration de fossiles stromatolites.
Illustration de fossiles stromatolites. - ARDEA/MARY EVANS/SIPA

C’est un séisme dans le monde scientifique, où paléontologues et microbiologistes semblent devoir se faire une raison : la vie sur Terre ne serait pas apparue dans les océans de la planète bleue, mais sur le continent. Ou plus exactement dans des sources d’eau chaude.

Des scientifiques ont, en effet, découvert dans les roches de la formation de Dresser, un ancien volcan de la région particulièrement sèche de Pilbara (ouest de l’Australie), des fossiles vieux de 3,48 milliards d’années, parmi les plus anciens jamais mis au jour. A la faveur de ces fouilles, les experts ont mis également la main sur des fossiles de stromatolites [traces laissées par des microbactéries ressemblant à des algues]. Et depuis le doute sur les origines de la vie sur Terre est né.

La découverte de sédiments appelés « geyserites »

Un lien incontestable entre ces restes d’un système hydrothermal et la vie terrestre n’avait cependant toujours pas été établi. Les sources pouvaient notamment être considérées comme des zones anciennement recouvertes par les océans. Une étude publiée ce mardi dans Nature Communications, vient clore le débat. Des chercheurs australiens y annoncent la découverte de sédiments appelés « geyserites », un type de roche qu’on ne trouve que dans ou autour de sources chaudes de régions volcaniques et qui y confirme l’existence d’une forme de vie.

Selon la théorie de nos experts australiens, les microbes primitifs formés dans ces sources chaudes terrestres se seraient répandus jusqu’à s’étendre dans les mers, où ils se sont adaptés et ont continué à évoluer.

Des sites habités 3 milliards d’années plus tôt

« Il y a maintenant un certain nombre d’évidences qui tendent à nous faire penser que les sources chaudes terrestres sont à l’origine de la vie plutôt que les sources hydrothermales (…). Au moins une partie de la vie la plus ancienne de la Terre a prospéré sur la terre, dans les sources thermales », affirme Tara Djokic, responsable des travaux scientifiques et doctorante en géologie à l’université de Nouvelles-Galles du Sud. Les spécialistes assurent ainsi que ces sites ont été habités 3 milliards d’années plus tôt que ne l’estimaient les experts et que la vie existait sur la terre ferme 580 millions d’années avant la date précédemment avancée par les scientifiques.

Outre la correction d’une idée reçue partagée par de nombreux spécialistes, cette découverte vient confirmer une intuition bien plus ancienne. Au XIXe siècle, Charles Darwin avait en effet évoqué de « petits étangs chauds » comme potentiel berceau de la vie terrestre. Le naturaliste pourrait avoir vu juste bien avant que son hypothèse ne fasse son chemin parmi les scientifiques et qu’elle ne soit finalement prouvée par des observations concrètes.

>> A lire aussi : Une nouvelle planète pouvant potentiellement abriter la vie a été découverte

 

Mots-clés :