VIDEO. Etats-Unis. Des traces humaines datant de 130.000 ans bouleversent l'histoire du peuplement du Nouveau monde

ARCHEOLOGIE Des traces d'outils en pierre sur le squelette d'un animal datant de la préhistoire et découvert en Californie remettent en question certaines hypothèses des paléontologues...

20 Minutes avec agences

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Des scientifiques ont daté en avril 2017 de 130.000 ans la présence humaine sur le continent américain, vieillissant de plus de 100.000 ans les premiers Américains.

Des scientifiques ont daté en avril 2017 de 130.000 ans la présence humaine sur le continent américain, vieillissant de plus de 100.000 ans les premiers Américains. — Muséum d'histoire naturel de San Diego

Depuis la parution ce jeudi d’une étude dans la sérieuse revue Nature, les scientifiques invitent à repenser l’histoire du peuplement du Nouveau monde. Des chercheurs assurent en effet avoir daté de 130.000 ans des os de mastodonte cassés à l’aide d’outils de pierre mis au jour sur le Cerutti Mastodon Site, zone archéologique de la région de San Diego.

Une découverte qui renvoie aux vestiaires la théorie d’une présence de l’Homme sur le continent américain depuis seulement 15.000 ans, comme l’estimaient jusqu’ici les experts.

« 115.000 ans plus tôt que ce que nous pensions »

« Ces traces indiquent qu’une espèce d’hominidés vivait en Amérique du Nord 115.000 ans plus tôt que ce que nous pensions », explique dans un communiqué Judy Gradwohl la présidente du Muséum d’histoire naturel de San Diego.

« Des os et plusieurs dents prouvent clairement que des humains les ont volontairement cassés en faisant preuve d’habilité et d’expérience », explique Steve Holen, coauteur de l’étude. De fait, ces traces d’activité humaine vieillissent de plus de 100.000 ans les premiers « Américains », soulignent les chercheurs dans leur étude.

Ces hommes arrivés d’Asie ne seraient peut-être pas les premiers « Américains »

Anthropologues et archéologues sont divisés sur les origines du peuplement du continent américain. Jusqu’à maintenant, la thèse dominante était que les premiers hommes [des Homo sapiens] à avoir foulé le sol du Nouveau monde étaient arrivés d’Asie il y a environ 14.500 ans.

Des scientifiques avancent que la colonisation a pu se faire par l’intérieur des terres en empruntant un corridor de 1.500 kilomètres de long, qui reliait la Sibérie orientale au continent nord-américain et en partie noyé aujourd’hui sous le détroit de Béring. Mais d’autres suggèrent que les premiers hommes sont arrivés en longeant le Pacifique depuis l’Alaska, à pied ou par la mer.

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Une théorie remise en question aujourd’hui, alors que l’étude suggère que ces hommes arrivés d’Asie ne seraient peut-être pas les premiers « Américains ». Les auteurs avancent même qu’une espèce du genre Homo non identifiée serait à l’origine des traces retrouvées sur le site archéologique californien fouillé au début des années 1990.

Merci la datation par l’uranium-thorium

Muets jusqu’à ce jour, ces ossements ont pu livrer leur secret grâce à la méthode de datation par l’uranium-thorium qui permet de remonter à des périodes très anciennes.

Les scientifiques n’ayant cependant pas relevé de traces d’ADN, la famille à laquelle appartiennent ces hominidés reste pour l’heure un mystère. Les auteurs de l’étude avancent tout de même qu’il pourrait s’agir d’un cousin disparu de l’Homo Sapiens, l’homme moderne, comme l’Homo erectus, les Néandertaliens ou même des Denisoviens.

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