VIDEO. Exoplanètes: Une première! Sept cousines de la Terre découvertes autour d'une étoile voisine

ESPACE Les planètes rocheuses semblent très répandues dans l'univers...

Philippe Berry

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Le système autour de l'étoile Trappist-1 comprend sept planètes similaires à la Terre.

Le système autour de l'étoile Trappist-1 comprend sept planètes similaires à la Terre. — NASA/JPL-Caltech

Nous ne savons toujours pas si nous sommes seuls dans l’univers. Mais la probabilité que la vie existe ailleurs vient de grimper en flèche. Ce mercredi, des chercheurs ont annoncé que le système Trappist-1, qui avait déjà fait parler de lui l’an dernier, n’abrite pas trois cousines de la Terre comme on le pensait, mais sept, à « seulement » 39 années-lumière de distance. « C’est la première fois qu’autant de planètes de ce type sont découvertes autour d’une même étoile », indique l’astrophysicien Michaël Gillon, de l’université de Liège.

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Toutes ces planètes sont rocheuses, avec des mensurations proches de celles de la Terre. Surtout, elles pourraient toutes posséder de l’eau liquide à la surface ou en profondeur – même si seulement trois sont véritablement considérées comme étant dans la zone « habitable ». La vie s’y est-elle développée ? C’est « possible », selon l’astrophysicien Amaury Triaud. Les chercheurs se concentrent désormais sur l’analyse de leur climat, et le télescope spatial James Webb, qui doit être lancé en 2018, pourrait permettre d’être fixé sur la question de la vie « d’ici une dizaine d’années », en fonction des éléments chimiques détectés.

Un système qui ressemble à Jupiter et à ses lunes

Si on parle de « cousines » et pas de « jumelles » de la Terre, c’est parce que ces planètes ne ressemblent pas du tout à celles du système solaire. La configuration est presque identique à celle de Jupiter et de ses lunes, avec des planètes collées à leur étoile, entre cinq et trente fois plus près que Mercure du Soleil, et une révolution comprise entre 1,5 et 20 jours (365 pour la Terre).

Vue d'artiste du ciel de la planète Trappist 1-f, située à 39 années-lumière de la Terre.
Vue d'artiste du ciel de la planète Trappist 1-f, située à 39 années-lumière de la Terre. - NASA/JPL-Caltech

Dans ces conditions, comment se fait-il que ces planètes ne soient pas des fournaises ? C’est parce que Trappist-1 est une naine ultra-froide, plus de 1.000 fois moins brillante que le Soleil. Il s’agit d’une sorte de Jupiter géante (80 fois sa masse), tout juste assez grosse pour qu’une réaction de fusion nucléaire transforme son hydrogène en hélium et lui permette d’être une étoile et pas une géante gazeuse.

Des étoiles qui brûlent presque éternellement

Le problème, c’est qu’en étant si proches, les planètes sont sans doute bombardées par les radiations. Mais alors que les scientifiques pensaient que cela était incompatible avec la présence d’eau liquide à cause d’un effet de serre extrême, les chercheurs emmenés par Michaël Gillon estiment qu’elles peuvent, en théorie, être protégées par leur atmosphère.

Trappist-1 est en effet plutôt calme, et elle a une autre caractéristique potentiellement cruciale : alors que la mort du Soleil commencera dans 5 milliards d’années, cette étoile naine, qui brûle son hydrogène tout doucement, continuera d’exister pendant 10.000 milliards d’années. A l’heure actuelle, 39 années-lumière reste une distance infranchissable. Mais à terme, Trappist-1, ou l’une des 50 étoiles situées à moins de 15 années-lumière de la Terre, pourraient bien représenter un « plan B » salvateur pour l’humanité.