Notre ancêtre Lucy passait au moins un tiers de son temps dans les arbres

SCIENCES Selon les chercheurs, l'australopithèque passait la nuit dans les arbres pour échapper aux prédateurs...

20 Minutes avec AFP

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Sculptures représentant des hominidés bipèdes «australopithecus afarensis» au Musée des sciences naturelles de Houston, au Texas, en 2007.

Sculptures représentant des hominidés bipèdes «australopithecus afarensis» au Musée des sciences naturelles de Houston, au Texas, en 2007. — Dave Einsel / Getty Images North America / AFP

Elle passait une partie de ses journées, et surtout de ses nuits, perchée. Lucy, la plus célèbre des ancêtres de l'humanité vieille de 3,18 millions d'années (la plus ancienne étant Ardi), était dans les arbres pendant au moins un tiers de son temps, selon une étude dévoilée mercredi.

Depuis la découverte des ossements fossilisés de cette australopithèque bipède en Ethiopie en 1974, les paléontologues débattent sur le fait de savoir si cet hominidé de 1,10 m de hauteur, qui pesait 29 kg, marchait le plus souvent sur le sol ou continuait aussi de grimper dans les arbres.

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Une nouvelle analyse détaillée des restes bien préservés du squelette, avec un scanner capable de pénétrer les couches de minéraux et de produire des images à haute définition, révèle que les membres supérieurs de Lucy étaient très développés, comme ceux des chimpanzés, les champions quand il s'agit de grimper aux arbres.

Lucy devait surtout utiliser ses bras pour se hisser

Mais le fait de passer du temps dans les branches a aussi été fatal à Lucy: une autre étude récente, basée sur l'analyse d'une fracture osseuse, a en effet permis aux scientifiques de conclure qu'elle était apparemment morte après être tombée d'un arbre.

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La dernière étude, publiée dans la revue américaine Plos One, indique que Lucy devait surtout utiliser ses bras pour se hisser dans les arbres, la morphologie de ses pieds étant mieux adaptée à une locomotion bipède qu'à s'accrocher aux branches, expliquent ces chercheurs des universités Johns Hopkins à Baltimore (Maryland) et du Texas à Austin.

Dormir dans les arbres pour échapper aux prédateurs

Ces travaux confortent les indications selon lesquelles Lucy devait dormir la nuit dans les arbres pour échapper aux prédateurs tout en notant la difficulté de déterminer précisément sa part de vie arboricole. Supposant qu'elle sommeillait environ huit heures par jour, elle devait rester un tiers de son temps dans les arbres, voire davantage si elle y cherchait aussi de la nourriture.

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Travaillant à partir de 35.000 clichés produits par le scanner, les chercheurs ont pu étudier les structures internes de l'os supérieur des deux bras, l'humérus, ainsi que le fémur de la jambe gauche.

«Le squelette répond aux différentes forces qu'il subit durant le cours d'une vie, accroissant ou réduisant la densité osseuse, un phénomène qui est bien établi», explique John Kappelman, professeur d'anthropologie à l'université du Texas, un des principaux auteurs de cette étude.

Elle était moins douée que nous pour la marche

Ces scientifiques ont fait des comparaisons avec des squelettes de chimpanzés et d'humains. «Nos résultats montrent que les membres supérieurs des chimpanzés sont plus solidement bâtis du fait qu'ils utilisent leurs bras pour grimper. Ce phénomène est inversé chez les humains, qui passent le plus clair de leur temps à marcher et disposent de ce fait de membres inférieurs plus développés», précise Christophe Ruff, professeur d'anatomie à l'Université Johns Hopkins, autre co-auteur.

D'autres comparaisons morphologiques suggèrent que même quand Lucy marchait sur ses deux jambes, elle devait le faire moins efficacement que les hommes modernes, limitant ses capacités à se déplacer au sol sur de longues distances.

En outre, tous les os de ses membres étaient très forts par rapport à sa taille, ce qui indique qu'elle devait avoir des muscles très puissants, davantage comme les chimpanzés d'aujourd'hui que comme les humains modernes.