Nanotechnologies: les chercheurs plus inquiets que le public

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Publié le 25 novembre 2007.

SCIENCES - Les risques de dispersion accidentelle dans la nature de composants capables de pénétrer à l'intérieur même des cellules vivantes...

Les chercheurs travaillant sur les nanosciences et les nanotechnologies apparaissent plus inquiets que le grand public sur les risques potentiels pour la santé ou l'environnement de ces secteurs en développement, selon une étude publiée dimanche par la revue scientifique "Nature".

La manipulation de la matière à l'échelle du nanomètre (le milliardième de mètre) va révolutionner la médecine, l'électronique ou les processus industriels. Mais ces technologies suscitent des inquiétudes en raison des risques de dispersion accidentelle dans la nature de composants capables, de par leur taille minuscule, de pénétrer à l'intérieur même des cellules vivantes.

Dietram Scheufele (université du Wisconsin-Madison, Etats-Unis) et son équipe ont comparé deux enquêtes réalisées récemment. L'une auprès de 1.015 adultes américains, et la seconde auprès de 363 scientifiques et ingénieurs travaillant dans le domaine des nanotechnologies.

Comme on pouvait s'y attendre, les scientifiques sont plus optimistes que le grand public sur les bénéfices potentiels des recherches dans ce domaine. La grande majorité d'entre eux pense qu'elles conduiront "à mieux soigner les maladies" et permettront "un environnement plus propre" et "une solution aux problèmes énergétiques".

Mais paradoxalement, les scientifiques sont davantage inquiets que le reste de la population des risques potentiels sur deux points, certains craignant "davantage de pollution" et "de nouveaux problèmes de santé". En revanche le grand public s'inquiète davantage des éventuelles conséquences négatives sur l'emploi et la vie privée.

"Nos travaux montrent le fossé dans la perception des risques entre les scientifiques et le grand public, ce qui -abstraction faite de son origine- est révélateur d'un sérieux déficit de communication", déclarent les auteurs de l'étude. "Et nous nous faisons fermement l'écho du raisonnement de Currall (Steven Currall, London University College, NDLR) selon lequel +il est maintenant temps d'éduquer énergiquement le public avec des faits sur les risques et les bénéfices des nanotechnologies".
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