Devenir mère est toujours un frein à la carrière professionnelle pour les jeunes femmes, contrairement à leurs compagnons, qui pâtissent beaucoup moins de leur paternité, selon une étude du Centre d'étude et de recherche sur les qualifications (Céreq) publiée vendredi.
Devenir mère est toujours un frein à la carrière professionnelle pour les jeunes femmes, contrairement à leurs compagnons, qui pâtissent beaucoup moins de leur paternité, selon une étude du Centre d'étude et de recherche sur les qualifications (Céreq) publiée vendredi. - Didier Pallages AFP/Archives

Docteur Sydney Spiesel. Traduction 20Minutes

Question. Est-ce qu’une relation sexuelle en fin de grossesse peut déclencher l’accouchement?
Oui, répond la sagesse populaire – c’est d’ailleurs pour cette raison que certains obstétriciens les déconseillent à leurs patientes. Et il y a de bonnes raisons scientifiques de le croire. Par exemple, la prostaglandine E contenue dans le sperme stimule la contraction de l’utérus et peut déclencher le travail. Pareil pour la stimulation des seins et l’orgasme lors d’une relation sexuelle pendant la grossesse: ils augmentent l’activité utérine.

Contexte.
Ce serait en effet très tentant si le sexe jouait ce rôle. Pour des raisons médicales indiscutables – souvent pour protéger le fœtus des effets négatifs de plus de 42 semaines de gestation ou de problèmes liés au diabète maternel – les médecins utilisent maintenant des méthodes artificielles pour déclencher l’accouchement. Ces moyens non naturels sont l’amniotomie (la rupture de la poche des eaux) et les médicaments qui déclenchent les contractions. Mais il y a certains inconvénients: un taux plus élevé de césariennes, d’accouchements au forceps, de saignements après la naissance du bébé, et de longs accouchements. De plus, selon différentes études, les bébés en souffrent souvent également.

Nouvelle étude.
Si les relations sexuelles en fin de grossesse s’avéraient effectivement un moyen naturel et efficace de déclencher le travail, cela pourrait être mieux que les méthodes artificielles, et beaucoup de femmes pourraient faire ce choix. Trois obstétriciens de l’Université de Malaisie ont donc voulu étudier cette question. Ils ont recruté un groupe de 200 femmes en fin de grossesse, toutes choisies parce que leur accouchement devait être déclenché dans la semaine s’il n’avait pas lieu spontanément. La moitié de ces femmes a été activement encouragée à avoir des relations sexuelles vaginales. L’autre moitié – le groupe témoin – n’a été ni encouragée, ni découragée.

Résultats.
Environ 60% des femmes encouragées à faire l’amour ont effectivement eu des relations sexuelles, contre seulement 40% du groupe témoin. Ce surplus d’activité a-t-il engendré plus de déclenchements naturels? Eh bien non. Leur nombre a été sensiblement le même dans les deux groupes. Tout comme d’ailleurs la probabilité d’avoir des complications (fièvre maternelle, césariennes, saignements excessifs, stress du nouveau-né et autres).

Conclusions. Etant donnés ces résultats, il n’y a pas de raison particulière de recommander les relations sexuelles en fin de grossesse, en tout cas si c’est pour éviter les méthodes artificielles de déclenchement de l’accouchement. Mais l’étude relève tout de même un bienfait: le plaisir. Parmi les femmes des deux groupes qui ont déclaré avoir fait l’amour pendant leur dernière semaine de grossesse, plus de 80% ont dit avoir eu un orgasme.

Par le mardi 13 novembre sur Slate.com