C’est l’été, le corps se relâche et l’esprit a enfin le loisir de se recentrer sur des questions existentielles. Du type : mais pourquoi la mer est-elle salée ? C’est la huitième et ultime interrogation de notre série estivale consacrée aux « Questions (pas si) bêtes ». La preuve.

Le constat

Quiconque a déjà bu la tasse dans une mer ou un océan le sait : leurs eaux sont salées. Et quiconque a renouvelé l’expérience dans une mer ou un océan différents l’a sans doute constaté : la salinité n’est pas toujours la même. Mais pourquoi ?

L’explication

A l’origine, aucune eau n’était salée sur Terre. Mais ça, c’était avant « le grand lessivage des roches », comme le résume Bertrand Chapron, chercheur à l’Ifremer et responsable de l’équipe de recherche Océanographie spatiale et Interface air-mer. « Lors de la déglaciation de la Terre il y a plusieurs milliards d’années, des pluies intenses sont venues frapper les roches, arrachant leurs composants – et notamment leur sel – qui ont ruisselé jusqu’aux mers et aux océans », détaille l’expert.

Très bien, mais dans ce cas, pourquoi les autres eaux, comme celles des lacs ou des rivières, ne sont-elles pas elles aussi salées ? « Elles le sont toujours un peu. Mais faiblement, car elles sont alimentées par les eaux de pluies, non salées, et qu’elles ruissellent sur des roches complètement lissées, sur lesquelles elles ne peuvent plus arracher d’élément », répond le chercheur.

Quant à la différence de salinité entre deux vastes étendues d’eaux, elle est liée à la climatologie : « Quand les eaux s’évaporent des mers et des océans, elles y laissent leur sel. Résultat : l’eau va se saler davantage dans les endroits les plus chauds, car il y aura davantage d’évaporation et que les précipitations se feront ailleurs, au-dessus d’autres terres, mais aussi de mers et d’océans… Où l’eau, en devenant plus abondante, se fera moins salée », explique Bertrand Chapron.

Pour rappel, une eau très salée, comme celle de la mer Morte, c’est ce qui vous permet de flotter comme ça :

Bon à savoir

Le sel, nous ne risquons pas d’en manquer. Si l’on retirait la totalité du sel présent dans les mers et les océans pour le déposer sur les continents, il les recouvrirait de six à sept mètres de haut. Du coup, nos villes et nos campagnes ressembleraient un peu à ça :

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