L'homme de Néandertal explorait déjà des grottes il y a 176.500 ans

SCIENCES Un découverte dévoilée ce mercredi change «notre vision de l'homme de Néandertal», selon les chercheurs...

20 Minutes avec AFP

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Une personne observe une reproduction à taille réelle des fresques de la grotte Chauvet, à Vallon Pont d'Arc le 8 avril 2015

Une personne observe une reproduction à taille réelle des fresques de la grotte Chauvet, à Vallon Pont d'Arc le 8 avril 2015 — JEFF PACHOUD AFP

L’Homo Sapiens n’est pas le premier à avoir exploré nos grottes. C’est ce que vient de révéler une étude publiée ce mercredi dans la revue Nature.

Des chercheurs ont en effet découvert que d’étranges structures circulaires en stalagmites repérées dans la grotte de Bruniquel (Tarn-et-Garonne), dans le sud-ouest de la France, avaient très probablement été construites par l’homme de Néandertal il y a 176.500 ans.

« Cela recule considérablement la date de fréquentation des grottes » par le genre Homo, « la plus ancienne preuve formelle datant jusqu’ici de 8.000 ans (grotte Chauvet en Ardèche) », a estimé le CNRS dont l’un des chercheurs a participé à l’étude. « Cela change également notre vision de l’homme de Néandertal ».

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D’étonnantes structures d’origine humaine

Très difficile d’accès, cette grotte découverte en 1990, conserve à plus de 330 mètres de l’entrée d’étonnantes structures composées d’environ 400 stalagmites ou tronçons de stalagmites accumulés et agencés, pour deux d’entre elles, de façon circulaire.

Elle recèle aussi des preuves de l’utilisation du feu (calcite rougie, noircie par la suie) et des vestiges d’os calcinés.

En 2013, un trio de chercheurs a décidé d’entreprendre une série d’études pour cartographier les structures. Ils ont fait dater les stalagmites par la méthode uranium-thorium qui permet de remonter à des périodes très anciennes.

Verdict : les agencements ont environ 176.500 ans. Et un vestige d’os brûlé a lui aussi cet âge vénérable.

Les scientifiques ont vérifié que ces structures ne pouvaient pas être d’origine naturelle ou bien être liées à la circulation des ours dans la caverne.

« Nous avons démontré de manière incontestable que ces structures sont bien d’origine humaine », déclare à l’AFP Jacques Jaubert, professeur de préhistoire à l’Université de Bordeaux.

A l’époque, l’Homo Sapiens (l’homme moderne) n’était pas encore arrivé en Europe. Donc il ne peut s’agir que de l’homme de Néandertal, explique-t-il.