Vue d'artiste d'une possible 9e planète, qui pourrait exister aux confins du système solaire.
Vue d'artiste d'une possible 9e planète, qui pourrait exister aux confins du système solaire. - CALTECH

L’horizon est vaste, mais des astronomes français l’ont un peu réduit. Deux chercheurs de l’observatoire de Paris et de celui de la Côte d’Azur ont annoncé à l’AFP, le 23 février, avoir réussi à restreindre les zones dans lesquelles pourrait se trouver la 9e planète du système solaire.

L’hypothèse de l’existence de ce neuvième corps, qui serait dix fois plus massif que la Terre, a été sérieusement renforcée le 20 janvier avec la publication de calculs effectués par Konstantin Batygin et Mike Brown, de l’Institut de technologie de Californie (le Caltec).

Elle graviterait à 600 fois la distance terre-soleil

Selon les modèles mathématiques utilisés par ces chercheurs américains, ce corps mystérieux tournerait autour du soleil à une distance vingt fois plus grande que celle de Neptune, qui est la huitième et dernière (par sa distance au soleil) planète reconnue en tant que telle dans notre système. Pluton, qui a été considérée comme une 9e planète jusqu’en 2006, est à présent « déclassée ».

Les astronomes du monde entier espèrent maintenant dénicher la lointaine géante, mais à une distance équivalant à 600 fois la distance Terre-Soleil, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. « Beaucoup de chercheurs sont en train de se mobiliser pour la trouver visuellement », explique Francis Rocard, le responsable des programmes d’exploration du système solaire au Centre national d'études spatiales (CNES).

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Les recherches menées par les deux Français Agnès Fienga et Jacques Laskar pourraient donc leur donner un sérieux coup de main, en limitant la zone vers laquelle orienter la traque.

Basé sur les observations de la sonde européenne Cassini

Les deux astronomes de la Côte d’Azur et de Paris ont basé leurs estimations sur l’évolution de la distance Terre-Saturne. La présence d’un objet aussi massif que la 9e planète a théoriquement un effet prévisible sur cette distance.

En introduisant la planète dans un modèle astrophysique, ils ont pu déterminer quelle perturbation elle provoquait. Il ne restait plus qu’à déterminer quelles positions cadraient le mieux avec l’évolution réelle de la distance Terre-Saturne, laquelle est mesurée précisément (à 100 mètres près), depuis 2004, par la sonde européenne Cassini.

Résultat : « Nous supprimons la moitié des directions possibles » pour chercher la géante cachée, assure Jacques Laskar, dont les travaux sont publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics Letters. Le chercheur pense même avoir identifié une zone « probable » de présence, tout en restant très prudent. « Je ne mettrais pas ma main à couper », dit-il.

Selon lui, la zone où chercher la planète pourrait encore être réduite de moitié si l’activité de la sonde Cassini était prolongée jusqu’en 2020 au lieu des 2017 actuellement envisagés.

La fameuse « neuvième planète » pourrait avoir été expulsée de son orbite initiale dans les premiers temps de la formation du système solaire, en raison du voisinage de Jupiter.

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