Vue d'artiste d'un système solaire à plusieurs planètes découvert par Kepler en 2011.
Vue d'artiste d'un système solaire à plusieurs planètes découvert par Kepler en 2011. - N.A.S.A./SIPA

Des lunes ou des planètes abritant potentiellement la vie, on est à peu près sûr qu’il y en a. Et même beaucoup. Avec nos techniques encore rudimentaires de détection d’exoplanètes, ces planètes situées dans d’autres systèmes solaires que le nôtre, on a déjà trouvé plusieurs « cousines » de la Terre, situées dans la « zone habitable » de leur soleil, là où l’eau est liquide et la vie potentiellement présente. Plus près de nous, Vénus et Mars ont pu être propices à la vie dans un lointain passé, avant de devenir respectivement un enfer de chaleur et un désert de froid. Alors, pourquoi n’a-t-on pas encore trouvé de vie extraterrestre ?

Cette question porte un nom : le paradoxe de Fermi, qui tire son nom de son auteur, le prix Nobel de physique Enrico Fermi, qui le premier s’est demandé pourquoi la vie extraterrestre continue de nous échapper alors que les conditions de son apparition semblent exister. Dans une étude parue la semaine dernière dans la revue Astrobiology, deux chercheurs australiens apportent une nouvelle réponse à la question : en fait, la vie est sans doute apparue un peu partout dans l’univers. Si on ne la voit pas, c’est parce qu’elle a déjà disparu.

La recherche du microbe extraterrestre

Selon eux, ce n’est pas l’apparition de la vie qui est rare. Une planète « rocheuse et humide » comme la Terre serait même un élément assez commun dans l’univers. Ce qui est exceptionnel, c’est le maintien de cette vie : sur Terre, elle aurait su influencer rapidement son environnement pour pouvoir y survivre sur le long terme et évoluer. « Nous proposons un modèle dans lequel la vie, à son apparition, n’est pas qu’un passager passif mais subit une forte pression de sélection pour modifier et réguler activement son environnement », écrivent les astrobiologistes. De ce point de vue, la chance de la vie terrestre n’a pas été d’éclore, mais de persister en agissant sur la planète elle-même, sur son climat par exemple, pour qu’elle reste habitable.

Dans leur article, les chercheurs résument leur idée ainsi : « Si la vie est rare dans l’univers, ce n’est pas parce qu’elle a du mal à apparaître, mais parce que les conditions propices au maintien de cette vie ont tendance à disparaître pendant les premiers milliards d’années. » L’apparition de la vie ne serait pas rare, juste éphémère.

Comme le signale l’un des auteurs de l’étude, « l’une des prédictions intrigantes de ce modèle est que la grande majorité des fossiles présents dans l’univers sont ceux laissés par une vie microbienne éteinte, et non par des espèces pluricellulaires comme les dinosaures ou les humanoïdes, qui ont besoin de milliards d’années pour apparaître ». Si l’on trouve un jour des restes de vie extraterrestre, la photo pourrait bien ne représenter qu’un petit microbe qui n’a pas eu le temps de grandir…

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