Un singe au Sri Lanka (illustration)
Un singe au Sri Lanka (illustration) - Un singe au Sri Lanka (illustration)

L’opération ne relèverait plus de la seule science-fiction. Une équipe de scientifiques dit avoir réussi en Chine à greffer la tête d’un singe sur un autre singe, après de premières expériences sur des souris, rapporte Sciences et Avenir. Les chercheurs voudraient maintenant appliquer cette technique à l’homme.

Une souris à la colonne vertébrale sectionnée bouge de nouveau – attention cette vidéo peut heurter les âmes sensibles :

« C’est une vraie victoire pour l’humanité », se réjouit Sergio Canavero auprès du magazine. L’opération, réalisée par l’équipe du professeur XiaoPing Ren, de l’université médicale de Harbin, dans le nord-est de la Chine, s’est déroulée en collaboration avec ce professeur de neurosciences italien, surnommé « Docteur Frankenstein ». Sergio Canavero avait déjà publié un article dans une revue scientifique en 2013 pour annoncer son projet, destiné à venir en aide à des patients paralysés.

Afin d’anticiper les questions éthiques, Sergio Canavero a fait appel, selon Sciences et Avenir, au philosophe et historien des idées Giuliano Mauri, qui travaille notamment sur le changement d’identité après réception d’un nouveau corps. L’opération, rendue publique avant même la publication des travaux de Sergio Canavero dans une revue scientifique, a pour l’instant soulevé des doutes parmi ses pairs, certains dénonçant de « la science-communication ». « Quand ce sera publié dans une revue et validé scientifiquement, ce sera intéressant », réagit Arthur Caplan, spécialiste de bioéthique à l’école de médecine de l’université de New York, auprès du magazine New Scientist. « Le reste est du flan », ajoute-t-il.

Une première greffe sur un humain en 2017 ?

La procédure consiste, selon Sergio Canavero, à détacher les têtes des corps, puis à faire fusionner la moelle épinière du corps du donneur avec celle de la tête du receveur, tandis que le cerveau du donneur est « protégé » le temps de l’opération.

« Nous avons maintenu en vie le singe durant vingt heures, déclare XiaoPing Ren à Sciences et Avenir. Notre objectif était de prouver que l’on pouvait protéger le cerveau. » Il précise que pour ce faire, la technique employée par l’équipe a consisté en « une hypothermie, et à l’établissement d’une circulation sanguine croisée entre donneur et receveur par un système de canules ».

Les scientifiques disent maintenant vouloir transposer cette découverte aux êtres humains. Des recherches sur des cadavres auraient déjà commencé en Chine, tandis qu’un patient russe souffrant d’une maladie dégénérative serait volontaire pour recevoir un nouveau corps. La première greffe pourrait avoir lieu fin 2017, selon le magazine.

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