Vue d'artiste de la «danse» de séduction de théropodes au Crétacé.
Vue d'artiste de la «danse» de séduction de théropodes au Crétacé. - XING LIDA, YUJIANG HAN / NATURE / AFP

La technique de drague n’aiderait personne à briller sur Tinder aujourd’hui, mais elle a le mérite de l’ancienneté : une étude parue dans le magazine Scientific Reports cette semaine montre comment les dinosaures mâles appâtaient leurs femelles. Comment faisaient-ils ? En grattant le sol pour y faire un trou. Comment le sait-on ? Parce qu’on a retrouvé lesdits trous.

Martin Lockley et son collègue Ken Cart devant des trous creusés par des théropodes du Crétacé. (c) M.LOCKLEY / NATURE / AFP

Une équipe internationale a découvert aux Etats-Unis de nombreuses marques de labourage du sol, parfois grandes comme une baignoire, laissées sur des couches de grès sablonneux datant du Crétacé (145 à 66 millions d’années). Ces creux, au nombre de plusieurs dizaines, ont été repérés sur quatre sites, dans des zones du Colorado où ont vécu des théropodes, un groupe de dinosaures qui comprend notamment le fameux Tyrannosaure mais aussi les ancêtres des oiseaux.

Des traces d’un genre nouveau

Les traces fossiles, d’un genre totalement nouveau, laissent à penser que « des dinosaures 'en chaleur' se sont peut-être rassemblés là il y a des millions d’années pour se reproduire et faire leur nid à côté », déclare Martin Lockley, professeur de géologie à l’Université du Colorado à Denver, dans un communiqué.

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Les marques fossilisées font penser à celles que laissent certains oiseaux modernes nichant au sol, lorsque les mâles se lancent dans des démonstrations de creusement de nids pour impressionner les femelles, souligne celui qui est également paléontologue. L’étude, publiée jeudi, cite notamment le macareux moine et l’autruche.

D’autres hypothèses exclues

Car jusqu’à présent, on ne pouvait que spéculer sur les rituels amoureux des dinosaures – même si on possédait quelques indices. « On sait qu’ils avaient des plumes, des crêtes et une bonne vue », rappelle Lockley, cité dans le Guardian. « Mais il n’y avait encore jamais eu de preuve physique que leur anatomie et leur comportement étaient conçus pour des démonstrations très énergétiques. Aujourd’hui, on a cette preuve. (…) Cela permet de combler une lacune dans notre compréhension du comportement des dinosaures », ajoute-t-il.

Les chercheurs ont passé en revue plusieurs autres hypothèses susceptibles d’expliquer ce nouveau type de traces fossiles avant de les rejeter.

Ils ne pensent pas que ce sont des traces de nids véritables car ils n’ont pas retrouvé d’oeufs ou de coquilles fossilisés. Ils ne croient pas non plus qu’elles témoignent de la recherche de nourriture ou d’eau par les dinosaures. Ou bien qu’elles soient dues à un marquage du territoire par le théropode. Non, il s’agit sans aucun doute bel et bien de drague pure et dure.

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