Vue d'artiste d'un astéroïde.
Vue d'artiste d'un astéroïde. - Nasa/ESA/M.A. Garlick

L’astéroïde 2015 PDC est découvert le 13 avril 2015. Considéré comme potentiellement dangereux, l’objet mesurant 250 mètres de diamètre est scruté par de nombreux télescopes. Au fil des mois, le potentiel d’impact avec la Terre augmente : de 0,1 % en avril, le risque passe à 1 % en juin – un taux de risque très élevé. Aujourd’hui, c’est presque sûr, l’astéroïde va bel et bien croiser la route de notre planète. Impact prévu : le 3 septembre 2022. Cible potentielle : New Delhi, avec d’immenses dégâts et des millions de morts à la clé. Heureusement, tout cela n’est qu’une fiction.

Inventé de toutes pièces par la Nasa à l’occasion de la Conférence pour la défense planétaire d’avril dernier, ce scénario était un problème posé aux spécialistes du monde entier : comment feriez-vous pour empêcher 2015 PDC de nous détruire ? A côté des méthodes les plus percutantes (écraser un vaisseau inhabité contre l’astéroïde pour dévier sa trajectoire, ou pire, le faire exploser avec une bombe thermonucléaire), l’équipe du chercheur Claudio Bombardelli dévoile sa méthode douce dans l’édition janvier-février 2016 du magazine Acta Astronautica.

Le poids d’une fraise appliqué pendant deux ans

« La déviation par l’arme nucléaire ne devrait être utilisée que si tout le reste a échoué », évacue d’emblée Bombardelli, cité par Popular Science. En plus d’être hasardeuse (les débris de l’astéroïde pourraient toujours faire des dégâts), elle est interdite par le Traité sur l’espace des Nations-Unies. A la place, le scientifique utilise des ions : de simples particules chargées qui, propulsées contre l’astéroïde à 30km/s, modifieraient très légèrement sa trajectoire.

Vraiment très légèrement : face à un gros rocher filant à toute allure dans l’espace, un faisceau d’ions ne pèse pas grand-chose. « C’est une toute petite force, admet Bombardelli, la seule façon pour que ça fonctionne est de l’appliquer pendant longtemps ». Ainsi, si l’astéroïde pesait 20 millions de tonnes, il faudrait appliquer contre lui une force équivalente au poids d’une simple fraise pendant deux ans pour modifier le lieu d’impact de quelques centaines de kilomètres seulement.

Une méthode trop douce pour éviter l’impact

Dans leur étude, les chercheurs imaginent un scénario réaliste : un vaisseau inhabité à propulsion ionique (ça existe, la Nasa en a un qui orbite la planète naine Cérès en ce moment même) quitterait la Terre en mai 2017 pour atteindre l’astéroïde tueur en septembre 2019. Arrivé là, il tournerait son moteur ionique vers 2015 PDC et commencerait à le bombarder d’ions. Moins de trois ans plus tard, l’astéroïde s’écraserait sur Terre.

Ah bon, sur Terre ? Oui, car les ions ne dévieraient pas assez la course de l’astéroïde pour qu’il évite totalement notre planète. Mais avec cette méthode, une météorite géante devant à l’origine s’écraser sur New Delhi finirait à la place son voyage dans le désert afghan. Evidemment, cela créerait des problèmes politiques et diplomatiques, l’Afghanistan n’étant pas forcément prêt à prendre une telle balle perdue. Et bien sûr, cette méthode douce ne fonctionnerait que si l’on détecte l’astéroïde tueur plusieurs années en avance, ce qui n’est pas acquis : comme le confiait un expert à 20 Minutes à l’occasion de la Conférence de défense planétaire, « à tout moment, un petit astéroïde peut s’écraser sur Terre ».

Mots-clés :