«Ig Nobel»: 5 choses à savoir sur les prix de la science improbable

CEREMONIE Ce pastiche bon enfant des prix Nobel a lieu ce jeudi soir à Harvard...

N.Bg.

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Cérémonie des Ig Nobel à Harvard le 18 septembre 2014.

Cérémonie des Ig Nobel à Harvard le 18 septembre 2014. — Charles Krupa/AP/SIPA

Récompenser les études scientifiques qui font d’abord rire, puis réfléchir : c’est la mission que se donne le comité des prix Ig Nobel, équivalent caustique et humoristique des illustres récompenses remises en Suède et Norvège depuis 1901. Tirant leur nom du prix Nobel et de l’adjectif « ignoble », ces prix remis chaque année à Harvard célèbrent ce jeudi leur 25e anniversaire. L’occasion pour 20 Minutes de vous les faire découvrir en 5 points.

1. Seules de vraies études sont récompensées

En lisant l’intitulé des recherches menées par les scientifiques récompensés, on peut douter de leur sérieux et même de leur réalité. Une étude du premier cas de nécrophilie homosexuelle chez le colvert, un réveil-matin à roulette qui peut se cacher, une étude montrant que le viagra soigne le décalage horaire chez le hamster ou une expérience de lévitation d’une grenouille vivante par magnétisme : les Ig Nobel, machine à canulars ? Pas du tout, et d’ailleurs leur site fournit dans le détail toutes les références de chaque recherche ou création récompensée. Même pour l’étude sur le glissement de la chaussure sur une peau de banane !

2. D’authentiques prix Nobel participent à la cérémonie

Ce n’est pas parce qu’on est un vrai prix Nobel qu’on ne peut pas rigoler avec les Ig Nobel. Chaque année, de prestigieux lauréats le prouvent, en venant remettre les récompenses à leurs confrères aux recherches un peu plus loufoques – qui d’ailleurs sont très nombreux à venir jusqu’à Harvard chercher leur prix en mains propres. Sur la photo ci-dessous, ce sont bien trois prix Nobel qui servent de cobaye à la créatrice d’un soutien-gorge pouvant aussi servir de masques protecteurs.

Cérémonie des Ig Nobel 2009. (c) Alexey Eliseev

3. La France n’est pas oubliée (Chirac en a un)

Les Ig Nobel récompensent des chercheurs de tous les pays, y compris la France. A une époque où le comité était volontiers grinçant, il a ainsi décerné le prix de l’archéologie aux Eclaireurs de France pour avoir dégradé les peintures rupestres d’une grotte près de Bruniquel (Tarn-et-Garonne) en croyant effacer des graffitis. Le prix Ig Nobel de la paix est quant à lui revenu en 1996 à Jacques Chirac pour avoir « célébré les 50 ans du bombardement de Hiroshima en autorisant des essais nucléaires ». Plus léger, l’Ig Nobel de psychologie a été remis en 2013 à des chercheurs français ayant montré que les gens ivres se croient beaux.

4. Une super arme pour éviter les longs discours

Chaque cérémonie de remise de prix, même les Oscars, a ce problème : les personnes récompensées se lancent parfois dans un trop long discours. Pas de ça aux Ig Nobel. Au bout des 60 secondes imparties, le récipiendaire bavard voit débarquer sur scène une fillette de 8 ans, qui marche jusqu’au pupitre, se plante là, et répète « S’il te plaît, arrête, je m’ennuie » jusqu’à ce que le discours prenne fin. Brillant.

5. C’est un show en soi

Musique, sketchs, discours en déguisement, bataille d’avions en papier, compétition « 24/7 » où de brillants scientifiques expliquent leur sujet de recherche deux fois, la première en 24 secondes, la seconde en 7 mots : chaque cérémonie respire l’intelligence et l’humour. Pour ceux qui ne seront pas à Harvard ce jeudi soir, la 25e cérémonie est retransmise en ligne dans la vidéo ci-dessous.

Top départ vers 22h30, heure française.

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