Les tomates bio protègent mieux le cœur

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Publié le 6 juillet 2007.

SANTE- Pour la première fois, un étude montre que les tomates qui ont poussé en terre contiennent plus d’anti-oxydants que celles cultivées hors-sol

Pour une fois, les scientifiques vont ravir les amateurs de potager et de jardin bio. Une étude à paraître dans la revue Journal of Agricultural and Food Chemistry vient en effet de montrer que les tomates cultivées hors sol sont significativement plus pauvres en composés antioxydants que celles cultivées de manière « classique ». C’est en fait la première fois qu’une recherche scientifique parvient à attribuer un avantage nutritif aux aliments « bio ».

Tomates extra-terrestres

Quelle que soit la variété, la plupart des tomates que nous trouvons sur les étals des supermarchés et des marchands de 4 saisons proviennent de plants qui n’ont jamais vu la terre : elles sont cultivées en serre, plantées dans des pains de laine de roche et alimentées au goutte à goutte. Ce mode de culture « hors-sol » permet de multiplier le rendement à l’hectare, de limiter la consommation d’eau et de contrôler la prolifération des insectes. Et jusqu’à présent, aucune étude sérieuse n’avait pu prouver la moindre différence de qualité gustative ou nutritive entre des tomates « hors-sol » et des tomates de potager.

Le bio bon pour le coeur

Grâce aux travaux d’Alyson Mitchell, une agrochimiste de l’Université de Californie à Davis (Etats-Unis), il n’est plus nécessaire d’avoir la fibre écologiste pour préférer les tomates « biologiques ». Avec son équipe elle a analysé sur une période de 10 ans la teneur en antioxydants des tomates cultivées hors-sol et en terre. Ces travaux montrent que les fruits hors-sol contiennent deux fois moins de flavonoïdes que les bios. Les flavonoïdes sont des composés antioxydants qui sont produits naturellement par la tomate et qui réduisent le risque de maladie cardiovasculaire, de cancer et de démence sénile. A ce titre, les tomates de potager sont plutôt « meilleures pour la santé » que celles cultivées industriellement.

Stress créateur

Mitchell pense que le déficit en flavonoïde observé dans les cultures hors-sol est précisément dû à leur trop grande efficacité. En effet, ces antioxydants sont spontanément synthétisés quand la plante est en carence d’azote ; ce qui arrive parfois dans une culture en terre mais ne se produit jamais dans une culture hydroponique, dans laquelle la plante est alimentée au goutte à goutte par une solution riche en azote facile à assimiler.

Bref, si vous cultivez vos tomates, stressez-les un peu en les affamant, elles n’en protègeront que mieux votre coeur…

Yaroslav Pigenet
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