La comète Tchouri vue par la sonde Rosetta.
La comète Tchouri vue par la sonde Rosetta. - AP/SIPA

Comme l’astrophysicien américain Carl Sagan l'a un jour dit, en matière d'espace, «des affirmations extraordinaires doivent être accompagnées de preuves extraordinaires». Et la communauté scientifique apprécie peu des déclarations sensationnalistes récentes de deux chercheurs. Selon ces derniers, «les données pointent sans équivoque vers la présence de micro-organismes» sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko («Tchoury»), étudiée par la mission Rosetta et le petit robot Philae. Ou pas.

Mission Rosetta: Et maintenant, que va faire Philae?

Max Wallis, de l'université de Cardiff et Chandra Wickramasinghe, de l'université de de Buckingham, ont fait une présentation à la Royal Astronomical Society au Pays de Galles, dimanche, qui a été reprise par de nombreux journaux. Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas d'une étude validée par leurs pairs. Et que les chercheurs se basent sur des photos et des analyses de la mission Rosetta pour valider une vieille théorie critiquée depuis de nombreuses années pour son manque de sérieux.

«Des micro-algues, mon cul»

Le Guardian, qui a relayé cette thèse, a présenté ses excuses, lundi, avec un nouvel article intitulé «Pas de vie extraterrestre sur la comète de Philae». Un chercheur rappelle que Philae n'a pas d'instrument pour étudier la vie. «Aucun scientifique impliqué dans les instruments de la mission européenne ne suppose qu'il y a de la vie extraterrestre sous la croûte» de la comète, précise Uwe Meierhenrich au quotidien britannique. Le consensus, c'est que les composés carbonés détectés ont une origine géochimique et pas biologique.

Pour ne pas arranger son cas, Wickramasinghe est coutumier des publications douteuses qui lorgnent vers les théories du complot. Par le passé, il a déjà affirmé avoir trouvé des fossiles dans des météorites, que la Nasa cachait des informations sur la vie martienne et que le virus de la grippe avait une origine extraterrestre. C'est finalement le professeur de géologie planétaire, Dave Rothery, qui résume le mieux le sentiment général sur Facebook: «Des micro-algues découvertes dans les comètes, mon cul!»

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