«Didymoon», la cible du programme de défense planétaire Aida.
«Didymoon», la cible du programme de défense planétaire Aida. - ESA–Science Office

Des milliers de bâtiments détruits ou endommagés, plus de 1.000 blessés et, heureusement, aucun mort: on se souvient de la météorite de Tcheliabinsk, qui a éclairé le ciel russe en février 2013. L’objet a fait de gros dégâts, et il mesurait moins de 20 mètres de diamètre. On imagine ce qu’il adviendrait si une météorite beaucoup plus grosse frappait la Terre…

Pour éviter de se retrouver démuni le jour où le ciel nous tombera sur la tête, l’Agence spatiale européenne (ESA) et son équivalent américain, la Nasa, vont se lancer dans un projet commun visant à nous armer contre les géocroiseurs. Dans un communiqué publié la semaine dernière, l’ESA s’est félicitée du commencement du travail préliminaire de design de cette double mission baptisée Aida dont on connaît déjà de nombreux détails.


(voir la vidéo originale par ici)

Crash spatial

L’idée est simple: pour se protéger d’un astéroïde qui menacerait d’entrer en collision avec la Terre, il suffirait d’envoyer un vaisseau inhabité à sa rencontre. En s’écrasant dessus, il dévierait sa trajectoire et sauverait le monde. La réalisation, évidemment, est plus complexe et prendra des années.

Côté européen, une sonde serait envoyée dès 2020 en direction du système binaire Didymos, composé d’un astéroïde principal et d’un autre plus petit qui lui tourne autour à la façon d’une lune, lui valant son sobriquet de «Didymoon». C’est cette «lune» qui servira de crash-test à notre système de défense planétaire. La sonde européenne suivra le petit astéroïde et le scrutera en détail. En 2022, la Nasa entrera dans la danse avec son propre appareil qui n’a qu’un but: s’approcher de Didymoon, accélérer et lui rentrer dedans à la vitesse de 6km/s –plus rapide qu’une balle d’AK47.

Vaisseau kamikaze et sonde voyeuse

Le vaisseau de la Nasa sera détruit, mais la sonde européenne ne perdra pas une miette du spectacle. En observant  le crash spatial, elle pourra notamment voir à quel point la trajectoire du petit astéroïde a été modifiée. Notons que Didymoon n’est pas si petite: avec ses 170 mètres, elle produirait un cratère de 2,5km si elle devait s’écraser sur Terre. Heureusement, à son plus proche, elle restera distante de 11 millions de kilomètres.

Petit détail qui prouve que l’ESA et la Nasa ont de l’humour: la sonde européenne s’appellera AIM, pour Asteroid Impact Mission, et le vaisseau américain DART, pour Double Asteroid Redirection Test. Or en anglais, aim veut dire «viser», et dart signifie «fléchette». En 2022, c’est donc une partie de fléchette spatiale cruciale pour l’avenir de la planète qui pourrait bien se jouer au-dessus de nos têtes.

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