Curiosity détecte de mystérieuses émanations de méthane sur Mars

ASTRONOMIE Les scientifiques ne savent pas si le gaz a une origine biologique ou géologique...

P.B. avec AFP

— 

Le robot Curiosity au pied du Mount Sharp, sur Mars.

Le robot Curiosity au pied du Mount Sharp, sur Mars. — NASA

Y a-t-il des organismes vivants sous le sol martien? Il faudra attendre une prochaine mission pour avoir la réponse, mais les scientifiques n'écartent pas cette possibilité. Mardi, la Nasa a révélé que des pics de méthane à l'origine inconnue avaient été détectés par le robot Curiosity dans le cratère de Gale.

La communauté scientifique est en effervescence pour une simple raison: sur Terre ce gaz provient à 95% de micro-organismes mais il peut également être produit par un processus géologique.

Des pics dix fois plus élevés

Curiosity a d'abord détecté des niveaux de méthane plus faibles qu'attendu par les scientifiques, qui proviennent de la décomposition de la poussière du sol sous l'effet de la lumière du soleil et des matériaux organiques transportés par les météorites. Mais le robot a également mesuré des pics «dix fois plus élevés» à quatre reprises en 60 jours martiens. Ils restent cependant largement inférieurs aux niveaux trouvés sur Terre.

«Ces résultats suggèrent que le méthane est produit occasionnellement ou s'échappe du sol près du cratère de Gale et qu'il se disperse rapidement une fois que ces sources se tarissent», selon les chercheurs, qui publient leurs résultats dans la revue Science.

«Vie microbienne passée ou actuelle»

Selon John Grotzinger, de l'Institut de technologie de Californie (Caltech), responsable scientifique de la mission Curiosity, le méthane détecté peut «signaler la présence d'une vie microbienne passée ou actuelle». Il est en effet possible que le gaz ait été produit par des organismes vivants il y a longtemps et qu'il s'échappe périodiquement vers la surface.

Malheureusement, Curiosity ne dispose pas des instruments nécessaires à déterminer l'origine du méthane. Le prochain robot américain, attendu en 2020, pourrait livrer la réponse tant attendue.

>> Infographie: le cycle du méthane

Mots-clés :