Tempêtes, sécheresses, canicules… Même si certaines régions seront plus affectées que d’autres, en 2100, aucun pays ne sera épargné par les manifestations du changement climatique. Pour ne rien arranger, les scientifiques constatent que l’accroissement du taux de gaz carbonique dans l’atmosphère, principal responsable du réchauffement global, accélère depuis cinq ans.
Si de plus en plus de chercheurs soutiennent que les émissions humaines de gaz à effet de serre entraînent un réchauffement global, ils sont généralement plus circonspects sur la façon dont ce réchauffement se manifestera localement. Suivant la latitude et le relief, l’accroissement global des températures peut en effet entraîner une recrudescence des tempêtes, une multiplication des sécheresses ou bien des inondations à répétition.
Afin de fournir un panorama global des conséquences prévisibles du réchauffement planétaire, trois météorologues de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (Suisse) ont créé un «indice de changement climatique», compris entre 1 et 19, évaluant l’augmentation de la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes (tempêtes, sécheresses ou canicules).
A l’aide de trois modèles d’évolution climatique différents, Michèle Bättig et ses collaborateurs ont ainsi calculé, région par région, la valeur que prendra cet indice en 2100. La carte qu’ils en ont tirée vient d’être publiée dans la revue scientifique Geophysical Research Letters. Sur cette carte, on note que si les zones tropicales et arctiques paient le plus lourd tribut au réchauffement, avec un indice de 11 en moyenne, l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Australie auront un indice de changement climatique de 6-7.
Bien que déjà inquiétants, ces indices sont malgré tout peut-être sous-évalués. En effet, les scientifiques de la NOAA (le Météo France américain) ont constaté, depuis cinq ans, une nette accélération de l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique. La concentration de ce gaz à effet de serre, principal responsable présumé du réchauffement actuel, qui augmentait de 1,5 ppm (partie par million) par an entre 1970 et 2000, s’accroît de 2,2 ppm par an depuis 2001. L’augmentation pourrait même atteindre 3 ppm cette année, en raison d’un épisode El Niño.
Dans le quotidien The Guardian vendredi, un spécialiste du climat attribue ce phénomène au fait que, quand la température augmente, le sol et la végétation absorbent une quantité de moins en moins importante du gaz carbonique émis dans l’atmosphère. Bref, un cercle vicieux : le réchauffement accélère l’augmentation du taux de CO2, qui a son tour accélère le réchauffement. Très inquiétant…