L'équipage de la fusée Soyouz est accueilli à bord de la Station spatiale internationale, le 27 mars 2014.
L'équipage de la fusée Soyouz est accueilli à bord de la Station spatiale internationale, le 27 mars 2014. - AP/SIPA

M.C.

L'équipage russo-américain d'un vaisseau russe Soyouz a atteint vendredi la Station spatiale internationale (ISS) après avoir été contraints de passer deux jours en orbite à la suite d'un incident technique ayant empêché la première tentative d'arrimage. Le vaisseau «TMA-12M», avec à son bord les Russes Aleksandr Skvortsov et Oleg Artemiev, et l'astronaute américain Steven Swanson, a cette fois réussi son arrimage à l'heure prévue à 03h53 heure de Moscou (00h53, heure de Paris), a indiqué l'agence spatiale russe.

«Le Soyouz TMA-12M a effectué l'arrimage automatique au module d'arrimage du segment russe de l'ISS», a-t-elle annoncé dans un communiqué sur son site internet. Aleksandr Skvortsov a été le premier à ouvrir le sas d'entrée de l'ISS, avant d'étreindre, avec un large sourire, ceux qui l'attendaient de l'autre coté. «C'était sympa... Il y a beaucoup plus de place ici», a-t-il noté dans une vidéo transmise depuis l'ISS.

Incident technique

Les trois cosmonautes avaient pris place mardi soir dans le Soyouz, pensant arriver à l'ISS au terme d'un voyage de six heures... Ils y sont restés plus de deux jours. Le vaisseau aurait normalement dû atteindre l'ISS mercredi matin, mais leur vaisseau Soyouz a subi un incident technique au cours de son approche en orbite. Le vaisseau devait suivre la procédure d'approche courte des vaisseaux russes Soyouz, en six heures et quatre révolutions autour de la Terre. Mais le problème technique a forcé le vaisseau à se rabattre sur la procédure habituelle, plus longue, et qui impose 34 tours de la Terre en orbite à l'équipage.

«Ça a été deux longues journées, mais nous y sommes arrivés. Content d'être ici», a déclaré Steven Swanson dans une vidéo transmise depuis l'ISS. Le problème s'est produit quand la mise à feu d'un des propulseurs du Soyouz, alors en orbite, n'a pas eu lieu, compromettant l'arrimage à l'ISS. «La mise à feu du troisième propulseur n'a pas eu lieu», a indiqué la Nasa sur son site, ajoutant que «le problème pourrait être que le vaisseau n'était pas dans la bonne position ou orientation».

Erreur de calcul?

L'agence spatiale russe Roskosmos a ensuite indiqué avoir fait effectuer au vaisseau les manœuvres nécessaires pour le placer sur une nouvelle trajectoire pour une approche de l'ISS en deux jours, au cours desquels trois manœuvres en orbite ont amené le vaisseau jusqu'à la station spatiale. Vitali Lopota, directeur général de RKK Energia, qui conçoit et produit les vaisseaux Soyouz, a indiqué que l'origine du problème n'était pas encore claire. «Mais a priori c'est une question de mathématiques», a-t-il indiqué mercredi à l'agence Interfax.

Cela impliquerait que les scientifiques n'ont pas calculé correctement l'altitude nécessaire en orbite pour la mise à feu des propulseurs afin d'amener le Soyouz jusqu'à l'ISS. Une commission a été créée pour déterminer la cause de l'erreur. L'année dernière, la Russie a utilisé pour la première fois une procédure d'approche courte pour un vaisseau habité à destination de l'ISS. Le directeur de vol pour le segment russe de l'ISS Vladimir Solovyov a assuré vendredi que la Russie continuerait d'utiliser cette procédure.