La sonde spatiale Rosetta et l'atterrisseur Philae ont été lancés en 2004.
La sonde spatiale Rosetta et l'atterrisseur Philae ont été lancés en 2004. - CNES/EKIS France, 2013

Les nouvelles sont attendues à 18h30, heure française. A environ 800 millions de kilomètres de la Terre (5,3 unités astronomiques), un réveil va sonner dans l’espace. Il a été programmé, très précisément, à ce moment-là pour «réveiller» la sonde spatiale Rosetta qui «hiberne» depuis deux ans et demi. Lancé le 2 mars 2004, ce concentré de technologie de trois tonnes s’approche de son but: la comète Churyumov-Gerasimenko.

«La procédure de réveil est automatique, explique Francis Rocard, astrophysicien au Centre national d’études spatiales (Cnes). On va prendre le temps de s’assurer que tout fonctionne bien. Puis, petit à petit, la sonde va effectuer des freinages successifs pour se rapprocher progressivement de la comète.» Car le but est bien d’atterrir sur ce bout de caillou qui gravite non loin de Jupiter.

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«Le but, c’est de se poser et rester en vie»

«Aucun rendez-vous avec une comète n’a jamais été réalisé, s’enthousiasme Francis Rocard. Même les Américains n’ont jamais fait ça!» En présentant les grandes perspectives pour 2014, Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes, n’a d’ailleurs pas hésité à dire que «l’année 2014 serait l’année Rosetta» si la mission est couronnée de succès.

Ce n’est pas évident. Après s’être approché au plus près de la comète et avoir cartographié le noyau pour identifier le site d’atterrissage, Rosetta doit larguer, en novembre, un petit atterrisseur de 100 kilos nommé Philae. «La cartographie doit servir à trouver les endroits les plus intéressants et accessibles, poursuit Francis Rocard. Enfin surtout les plus accessibles car le but, c’est d’abord de réussir à se poser et à rester en vie. On ne veut pas mourir!»

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Des infos vieilles de 4,5 milliards d’années

Comme dans les films de science-fiction, la surface de la comète Churyumov-Gerasimenko est en effet secouée par des jets de gaz sporadiques et de poussières. «On ne se posera pas sur un jet, assure Francis Rocard. Mais, vu la complexité de la manœuvre, il y a une incertitude d’un kilomètre carré sur l’endroit exact où l’on va atterrir…»

Une fois sur zone, Philae a pour mission d’effectuer des relevés et des prélèvements sur la comète. Cela devrait permettre d’en savoir davantage sur le processus qui a conduit à la formation du système solaire, voilà 4,5 milliards d’années. «La comète Churyumov-Gerasimenko a le même âge et a été préservée, conclut Francis Rocard. L’analyse de la nature de son carbone et de sa structure interne pourrait nous en apprendre beaucoup.»

Philae va mourir d’un excès de chaleur

Après avoir transmis ces précieuses informations sur Terre, Philae devrait, lui, mourir de sa belle mort d’un excès de chaleur probablement avant août 2015. «C’est le moment où la comète sera le plus proche du soleil.» Quant à la sonde Rosetta, elle escortera la comète le plus longtemps possible et pourrait même être de nouveau mise en hibernation. «Mais ne tirons pas trop vite de plans sur la comète!», conclut le chercheur.

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