Le premier steak «in vitro» a été dégusté lundi 5 août 2013 à Londres.
Le premier steak «in vitro» a été dégusté lundi 5 août 2013 à Londres. - Capture d'écran/Youtube

Il pesait 142 grammes et a coûté 250.000 euros : le premier burger créé «in vitro» à partir de cellules souches de vache a été cuisiné et dégusté ce lundi à Londres lors de la mise en scène d'une expérience potentiellement révolutionnaire.

Deux goûteurs dûment assermentés, une Autrichienne «chercheuse en tendances culinaires» et l'auteur américain d'un livre sur «les goûts de demain», ont eu l'honneur d'être les premiers à manger en public un steak créé de toutes pièces en laboratoire, cuisiné sous leurs yeux et ceux de son créateur, un scientifique néerlandais de l'université de Maastricht, Mark Post.

Six semaines de confection

Verdict: «goût assez intense», «même texture» et un profil général «proche de la viande» malgré un «manque de gras» certain, ont tranché les deux «volontaires» qui n'ont cependant pas fini leur repas malgré son coût prohibitif (250.000 euros).

Mark Post, qui a lui-même englouti un petit morceau lors de cette présentation en public diffusée sur internet, a tout de même conclu à un «très bon départ» pour son burger, aussitôt surnommé «Frankenburger» par la presse britannique.

Avec son équipe, il a mis six semaines pour confectionner ce steak à partir de cellules souches de vache cultivées en laboratoire. Ils y ont ajouté de la chapelure, du sel, de la poudre d'oeuf ainsi que du jus de betterave et du safran pour la couleur.

Commercialisation dans un délai de 10 à 20 ans

Le chef cuisinier Richard McGowan a déclaré pendant l'émission qu'il préparait le steak «comme d'habitude» avec de l'huile de tournesol et du beurre dans une poêle.

Si pour l'instant le processus de fabrication complexe rend l'entreprise particulièrement longue et onéreuse, la technologie est censée offrir à l'avenir des solutions à même de régler des «problèmes majeurs pour la planète».

Selon ses concepteurs, qui tablent sur une commercialisation dans un délai de dix à vingt ans, la technologie permettra de répondre à une demande croissante, alors que l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) table sur une augmentation de la production de viande de 229 millions de tonnes en 1999/2000 à 465 millions de tonnes en 2050. Et cela sans les inconvénients de l'élevage industriel qui pollue, demande de grosses quantités d'eau, émet des gaz à effet de serre et mobilise 70% des terres agricoles mondiales.

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