Avec deux mois d’avance, la communauté des astronomes, amateurs et professionnels, vient de recevoir un magnifique et inespéré cadeau de Noël : la promesse, par le directeur de la Nasa, d’une cinquième et dernière mission de réparation pour le télescope spatial Hubble. Cette mission, prévue en mai 2008, devrait non seulement prolonger la durée de vie de Hubble de 5 ans, mais en plus, elle permettra d’étendre la mission scientifique du télescope en l’équipant de deux instruments supplémentaires . De quoi patienter avant la mise en service du futur télescope spatial James Webb, qui prendra le relais en 2013.
Alors que son projet d’exploration lunaire et planétaire a suscité jusqu’ici beaucoup de scepticisme, Michael Griffin, le nouveau directeur de la Nasa, est, cette fois ci, unanimement salué pour son choix de consacrer 900 millions de dollars à sauver Hubble. La communauté scientifique n’avait, en effet, pas du tout apprécié la décision de son prédécesseur, qualifiée de « myopique » par le New York Times, d’abandonner la maintenance du télescope spatial. Il faut dire qu’en treize ans de service actif, grâce aux millions de clichés transmis, Hubble a eu selon les astronomes, « plus d’impact sur l’astronomie que n’importe quel instrument depuis le télescope de Galilée ».
Afin de voir encore plus loin, et donc encore plus tôt dans l’histoire de l’univers, Hubble sera équipé d’une nouvelle caméra, la Wide Field Camera 3, qui le rendra 15 à 20 fois plus performant pour détecter les galaxies les plus lointaines. La future mission lui adjoindra également un appareil, le Cosmic Origins Spectrograph qui lui permettra d’analyser les amas gazeux intergalactiques et leur rôle dans la formation des étoiles.
Si les dirigeants de la Nasa ont hésité avant d’autoriser cette cinquième mission de maintenance, c’est aussi en raison de sa complexité et des nombreux risques qu’elle comporte. En effet, en cas d’avarie, les astronautes ne pourront pas se replier sur la Station Spatiale Internationale, qui croise sur une orbite complètement différente de Hubble. De plus, la navette Discovery devra transporter près de dix tonnes de matériel jusqu’à Hubble. Les sept astronautes auront alors onze jours et cinq sorties dans l’espace pour installer six batteries, six gyroscopes, un senseur de vol et deux instruments sur le télescope en orbite. Une vraie performance en apesanteur quand on sait qu’ils devront, par exemple, retirer cent onze vis en quarante-cinq minutes… sans en perdre une seule dans l’espace !
Yaroslav Pigenet (yarek.blog.20minutes.fr)