Une méduse détient-elle la clé de l'immortalité?

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Publié le 29 novembre 2012.

SCIENCES – Une mystérieuse espèce possède la capacité d'alterner les cycles de vieillissement et de rajeunissement, semble-t-il, à l'infini...

C'est un merveilleux voyage que celui proposé en 10 pages par le New York Times, mercredi, à la rencontre d'une intrigante créature: le turritopsis nutricula. Cette minuscule méduse possède une caractéristique fascinante: elle serait, à ce jour, la seule espèce connue à être immortelle.

Le Times est allé à la rencontre d'un des rares chercheurs à étudier ces méduses en laboratoire depuis plus de 15 ans, le Japonais Shin Kubota, pour un entretien aussi scientifique que philosophique. Sa quête: percer le secret de l'immortalité chez l'homme. Sa crainte: y parvenir avant «que le cœur de l'humain ne soit prêt».

 

Inverser le processus de vieillissement

 

Les membres de cette branche des cnidaires commencent leur vie sous la forme d'un polype (comme du corail ou une anémone de mer), accrochés au fond marin. Puis, ils se transforment en méduses, libres, et déambulent dans les océans avec leurs longs tentacules –jusqu'à une centaine de filaments pour le turritopsis nutricula.

 

La particularité de cette espèce, c'est que le processus peut s'inverser au crépuscule de sa vie ou en cas de blessure. Par le processus de transdifférenciation, les cellules reviennent à leur état primitif. La méduse redevient polype, puis se retransforme, et ainsi de suite. Comme si un papillon redevenait chenille ou que l'homme rajeunissait comme dans l'Etrange cas de Benjamin Button.

 

Des briques similaires

 

Si cette méduse a été découverte en 1988, ce n'est qu'en 1996 que les scientifiques ont vraiment compris ce qu'il se passait. Pendant longtemps, elle n'a pas passionné les chercheurs, qui jugeaient l'espèce trop primitive et trop éloignée de l'homme. Les choses sont en train de changer.

 

Le Times rappelle que le génome humain, décodé en 2003, comprend bien moins de gènes qu'on ne le pensait originellement: environ 21.000. C'est à peine plus que la mouche, le ver de terre ou la méduse, avec qui nous partageons de nombreuses briques élémentaires. Les scientifiques ont par exemple réussi à isoler une protéine chez la méduse et à rendre des chats fluorescents, dans le cadre de la recherche sur le VIH.

 

De la méduse à l'homme

 

Shin Kubota n'a pas encore percé les secrets de l'immortalité de la méduse. Il rappelle qu'il s'agit davantage d'une forme de clonage: les cellules, à chaque cycle, sont renouvelées. Le Graal, pour l'homme, ne serait pas d'inverser le processus mais de le mettre en pause. Si le sexagénaire est persuadé qu'on y arrivera, il espère que l'avancée n'aura pas lieu tout de suite. «Nous sommes intelligents et civilisés mais nos cœurs sont primitifs. J'ai peur qu'on passe à la science appliquée trop tôt, comme pour la bombe atomique», confie-t-il au Times.

 

Déjà, certains biologistes marins s'alarment de voir la méduse immortelle lentement conquérir les eaux du Globe, des Caraïbes à la Méditerranée, jusqu'au Japon. Shin Kubota, lui, espère que les hommes vont d'abord évoluer «pour apprendre à vivre en harmonie les uns avec les autres et avec la nature».

Philippe Berry
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