Illustration. Un jeune homme fumant du cannabis.
Illustration. Un jeune homme fumant du cannabis. - Nelson Antoine/AP/SIPA

Audrey Chauvet

Un joint contre un point: les pétards des ados pourraient leur coûter cher en quotient intellectuel à l’âge adulte, selon une étude néo-zélandaise. D’après les chercheurs, la consommation de cannabis a des effets durables sur le cerveau: sur les 1.037 enfants nés en 1972 et 1973, suivis depuis leurs cinq ans, ceux qui ont régulièrement fumé du cannabis ont perdu jusqu’à huit points de QI par rapport aux autres arrivés à l’âge de 38 ans.

L’arrêt du cannabis ne permet pas de regagner des points

L’étude, publiée dans les Actes de l’Académie américaine des sciences, accuse le cannabis d’être responsable de la détérioration des capacités intellectuelles: tous les autres facteurs ont été neutralisés pour que les cobayes soient «égaux» devant les effets du cannabis. Avec des tests de QI réguliers, les chercheurs ont pu démontrer que ceux qui ont consommé régulièrement du cannabis ont vu leur QI limité par rapport à ceux qui n’ont jamais fumé. Ils ont aussi montré de plus faibles capacités de mémorisation, de concentration et de vivacité d’esprit.

C’est en particulier la consommation de cannabis durant l’adolescence qui altère les capacités intellectuelles: «L'adolescence est une période très sensible du développement du cerveau, explique Madeleine Meier, psychologue et auteur de l’étude. En utilisant des substances agissant directement sur le mental, les jeunes peuvent perturber le processus cérébral normal». Et rien ne sert de limiter sa consommation une fois passée la trentaine: «L’arrêt ne restaure pas complètement les fonctions neuropsychologiques de ceux qui ont commencé à l’adolescence», précisent les chercheurs.

En France, on estime que 3% des adolescents de 15 ans fument régulièrement du cannabis et l’âge du premier pétard avance: à treize ans, 6,4% des jeunes avaient déjà fumé du cannabis en 2010, contre seulement 4,8% en 2006.