L'origine de la Journée de la lenteur est québécoise.
L'origine de la Journée de la lenteur est québécoise. - C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Vincent Vantighem

«Nous avons simplement prévu de faire une grande sieste collective dans un parc. Pour le reste, on verra bien…» Président-fondateur du Parti de l'humour, Etienne Moulron célébrera comme il se doit la Journée internationale de la lenteur, ce jeudi 21 juin, jour le plus long de l'année. Si l'intitulé – inventé par une poignée de Québecois en 2001 – prête à sourire, la lenteur est un sujet sérieux. «Il faut savoir prendre le temps de réfléchir, poursuit Etienne Moulron. Trop de gens vont trop vite dans le mur!»

Un quart de l'attention disparu

Psychiatre et chronobiologiste, Marc Schwob confirme que les trois quarts de sa clientèle sont ainsi atteints par ce mal. «Ils ont des comportements de stress, confie-t-il. Leur attention est sans cesse zappée par quelque chose. Un quart de l'attention dont nous disposions il y a vingt ans a disparu…» Tel le lapin blanc scotché à son réveil d'Alice au pays des merveilles, l'homme moderne court pour attraper le métro, répond à deux appels téléphoniques en même temps et se dépêche de se coucher le soir pour… ne pas être en retard à son rendez-vous du lendemain… Les conséquences: «Anxiété chronique, dépression, “burn out”, troubles du sommeil», liste Marc Schwob.

La Journée internationale de la lenteur serait donc le premier moyen de retrouver un peu de quiétude. Le problème, c'est que «Le temps, c'est de l'argent», comme disait Benjamin Franklin. «Le rythme actuel est dicté par l'économie», complète Marc Schwob.

«Cittaslow»

Trois communes françaises ont obtenu le label «Ville lente». Parmi elles, Segonzac (Charente) dont le projet est de «prendre conscience qu'il faut profiter du temps et du cadre de vie».