Sclérose en plaques: «Le public a une mauvaise connaissance de cette maladie»

3 contributions
Publié le 31 mai 2012.

INTERVIEW - Thibault Moreau, président du comité médico-scientifique de la fondation de l'Aide pour la recherche sur la sclérose en plaques fait le point sur la maladie...

La sclérose en plaques (SEP) reste en 2012 une maladie méconnue bien que fréquente. A l’occasion de la journée mondiale consacrée ce mercredi à cette pathologie neurologique, 20 Minutes fait le point avec Thibault Moreau, président du comité médico-scientifique de la fondation de l’Aide pour la recherche sur la sclérose en plaques (Arsep).

Que faut-il savoir sur la sclérose en plaques?

Le public a une mauvaise connaissance de cette maladie, certains pensent même que c’est une maladie de peau. Mais en l’occurrence, les plaques touchent le système nerveux central, c'est-à-dire le cerveau et la moelle épinière. C’est une maladie inflammatoire: le système immunitaire attaque la gaine autour des fibres nerveuses, ce qui perturbe la transmission de l’influx nerveux.

Comment évolue la maladie?

Dans les deux tiers des cas, le premier épisode intervient entre 20 et 35 ans et touche deux femmes pour un homme. Les zones inflammées provoquent des symptômes moteurs, sensitifs, visuels et urinaires, qui régressent ensuite. La maladie évolue généralement par poussées plus ou moins espacées ensuite, avant de basculer (au bout de 15 ans en moyenne) dans une seconde phase progressive au cours de laquelle les séquelles persistent et s’accumulent.
Le pronostic est difficile à prévoir, et de nombreux malades le ressentent comme une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, freinant parfois leurs projets de vie.

Quelle est la situation en France?

Il y a beaucoup de sclérose en plaques en France: la maladie touche environ une personne sur mille, avec 4.500 nouveaux cas par an. En Europe, on constate qu’il y a plus de cas dans les pays du Nord que du Sud. En France, on note plus de cas dans le Nord et l’Est que le Sud et le Sud-ouest. Une des hypothèses est que cela est lié à un plus faible ensoleillement entraînant un déficit en vitamine D (qui aurait un effet protecteur, ndlr). Il faut noter qu’en France, 19 réseaux de santé multidisciplinaires sont consacrés à la SEP, garantissant la même qualité de prise en charge sur tout le territoire.

Quels traitements existent?

On ne peut pas guérir la sclérose en plaques, on ne sait qu’en atténuer les conséquences. Grâce aux traitements de fond, nous arrivons désormais à espacer les poussées, au point de les faire pratiquement disparaître. Mais sur les formes progressives, c’est plus difficile. Des traitements symptomatiques sont toutefois disponibles.

La recherche progresse-t-elle à ce niveau?

Oui, la sclérose en plaques aujourd’hui n’a rien à voir avec ce qu’on voyait il y a quinze ans. Plusieurs traitements sont porteurs d’espoir pour les malades. Le premier est un traitement de fond en comprimés, alors qu’il n’existe aujourd’hui que des formes injectables, ce qui est contraignant au quotidien. Il sera disponible d’ici 2013-2014. Les autres concernent les traitements symptomatiques, notamment celui agissant sur les raideurs musculaires, très attendu par les patients. Le plus prometteur concerne certainement la recherche sur les cellules souches visant à stimuler certaines cellules de notre cerveau capables de réparer elle-même les lésions. Nous sommes très proches des premiers essais chez l’homme.


Propos recueillis par Julien Ménielle
Newsletter
HIGH-TECH

Recevez une fois
par semaine
toute l'actualité high-tech

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr