Exposition à l'Académie du sexe et des relations de Londres.
Exposition à l'Académie du sexe et des relations de Londres. - Jonathan Hordle/SIPA

Julien Ménielle

Un serpent de mer de la taille d’un grain de riz. Un gynécologue américain vient de publier les résultats d’une énième découverte au sujet du point G. Ses conclusions: cette fois, c’est sûr, le Graal orgasmique existe, il l’a trouvé en pratiquant une autopsie.

«Raisin noir»

Le professeur Adam Ostrzenski, anatomiste de son état, examinait le corps d’une vieille femme polonaise décédée d’une blessure à la tête quand il a découvert cet obscur objet du plaisir, qu’il s’est fait un devoir de décrire dans le Journal of Sexual Medicine. Le point G, assure-t-il, mesure 8,1 mm de long pour 1,5 à 3,6 mm de large sur 0,4 mm d’épaisseur.

La mythique zone érogène serait en réalité un petit sac de tissu irrégulier, très innervé et érectile, de couleur «raisin noir». Adam Ostrzenski raconte avoir découvert le point G «sur la membrane périnéale, à 16,5 mm de la partie supérieure du méat urétral, faisant un angle de 35° avec le bord latéral de l’urètre». Sur la paroi antérieure du vagin, en clair.

Etudes divergentes

Ernest Gräfenberg, qui avait donné son initiale au dit point, avait donc raison? Les experts de tout poil s’écharpent sur cette question depuis les années 50. En 2010, une étude du King’s College de Londres, menée sur 1.800 femmes britanniques, avait déduit que le point G n’existait pas. Une affirmation démentie dans la foulée par un collège d’experts français.

Le docteur Adam Ostrzenski, lui, a prévu d’autres dissections dans les mois qui viennent, ainsi que divers expérimentations, notamment pour déterminer si le fonctionnement du point G varie avec l’âge. Le grain de riz n’a donc pas livré tous ses secrets.