Le Baclofène, un relaxant musculaire, permettrait de limiter le manque d'alcool chez les alcooliques.
Le Baclofène, un relaxant musculaire, permettrait de limiter le manque d'alcool chez les alcooliques. - CAPMAN / SIPA

Julien Ménielle

Le Baclofène n’est pas encore officiellement un traitement reconnu de l’alcoolisme, mais une étape a été franchie. L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a en effet publié un avis sur ce traitement dans lequel elle ouvre la voie à une autorisation de mise sur le marché du médicament, même si celle-ci n’interviendra pas immédiatement.

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«Si l’efficacité du Baclofène dans la prise en charge de l’alcoolo-dépendance n’est pas encore démontrée à ce jour, de nouvelles données observationnelles montrent des bénéfices cliniques chez certains patients», indique le rapport de l’Afssaps. En effet, le traitement -myorelaxant initialement indiqué dans le traitement de la sclérose en plaques par exemple - est déjà utilisé pour soigner des malades alcooliques, mais en dehors de l’autorisation de mise sur le marché (AMM).

Mais le médicament, présenté comme un traitement miracle par le docteur Olivier Ameisen qui s’est soigné lui-même par ce biais, n’est pas dépourvu d’effets secondaires. La somnolence, la fatigue, un ralentissement général qui peut être important, parfois des chutes et un relâchement musculaire pouvant aller jusqu’à la luxation de hanche, comme l’a raconté à 20 Minutes l’alcoologue Philippe Batel.

Approche globale

«Les effets indésirables du Baclofène ne remettent pas en question la poursuite de son utilisation hors AMM dans le traitement des addictions», estime l’Afssaps, qui estime cependant qu’«une poursuite de la surveillance est nécessaire en ce qui concerne de nombreux effets». L’agence a autorisé une étude clinique sur le traitement, et encourage d’autres organismes à en mener, mais rappelle toutefois que «la prise en charge de l’alcoolo-dépendance implique une approche globale par des médecins expérimentés» et que la posologie doit être adaptée à chaque patient.

«Ça marche, mais pas chez tout le monde et aucun médicament ne peut éradiquer l’alcoolisme», a par ailleurs récemment indiqué Batel à 20 Minutes. «Les premières études cliniques prometteuses, et les patients sont très demandeurs», indique l’Afssaps dans son avis. L’agence prévient que son point d’information fera l’objet d’une nouvelle actualisation dans un délai de 6 mois.