Illustration: Des prothèses de hanche.
Illustration: Des prothèses de hanche. - MYCHELE DANIAU / AFP

Nicolas Bégasse

C’est un petit scandale sanitaire que révèle le Figaro dans son édition de ce mardi: en juillet 2010, un modèle de prothèse de hanche américain utilisé en France depuis 2003 était retiré du marché sous la pression des autorités sanitaires. Or, cela faisait un an que ce même modèle, pour raisons de santé, avait été retiré des marchés américain et australien!

Le modèle, de type métal-métal et fabriqué par l’américain Johnson & Johnson, entraînait  un taux de réintervention chirurgicale anormalement élevé et provoquait la libération de particules métalliques dans l’os et dans le sang du porteur. Selon le Figaro, les alertes lancées en 2009 par l’Australie puis par les Etats-Unis restent méconnues en Europe, où un total d’environ 40.000 patients ont reçu la prothèse incriminée.

Soupçons de dissimulation

Pire: d’après le quotidien, la chronologie de l’interdiction du produit en France tend à montrer que le fabriquant a volontairement sous-estimé le danger potentiel de ses prothèses. En juillet 2010, celui-ci écrit aux établissements ayant fait poser les prothèses pour conseiller de ne plus en implanter, sans plus de recommandations. Mais deux mois plus tard, il préconise toute une batterie d’examens complémentaires, notamment par IRM. La firme avait expliqué ce revirement par de nouvelles données en provenance d’Angleterre. Or, comme le souligne le quotidien, l’équivalent britannique de l’Afssaps demandait de faire des IRM dès avril 2010!

Malhonnêteté ou pas, Johnson & Johnson se tient prêt: la firme a provisionné en début d’année 3 milliards de dollars en prévision des éventuels procès à venir. Et le débat de la régulation des dispositifs médicaux est relancé, une semaine après l’ouverture en France d’une mission d’information parlementaire sur les dispositifs médicaux implantables.