Autisme: Pourquoi la question de la prise en charge est-elle si épineuse?

3 contributions
Publié le 13 février 2012.

SANTE - En France, deux approches s'opposent vigoureusement...

D'un côté, la psychiatrie psychanalytique, de l’autre, des méthodes éducatives et comportementales. Entre les deux, un fossé, infranchissable ou presque. La prise en charge des enfants autistes est l’objet en France d’une guerre sourde, mais dont les échos se font de plus en plus entendre.

La bataille est entrée sur le terrain judiciaire et politique en janvier dernier, lorsque la justice a condamné la réalisatrice Sophie Robert, auteur d’un documentaire controversé sur l’approche psychanalytique de l’autisme. De son côté, le député UMP Daniel Fasquelle a radicalement proposé l’interdiction de l’accompagnement psychanalytique, au profit de méthodes éducatives et comportementales. Aujourd’hui, ce sont les pouvoirs publics, par la voix de la Haute autorité de santé (HAS), qui entrent dans la controverse en réprouvant la pratique psychanalytique dans l’approche de l’autisme.

Des approches pas inconciliables

Le débat houleux autour de la prise en charge est en fait lié à la difficulté de qualifier l’autisme – la question fait d’ailleurs encore l’objet de controverses aujourd’hui. Chez les partisans d’une approche psychanalytique, l’autisme relève de la maladie psychique, due à un problème relationnel entre la mère et l’enfant.

La recherche médicale a pourtant permis d’élargir la définition de l’autisme et des troubles envahissants du développement pour y intégrer des causes neurologiques. Lesquelles, plaident familles et associations, nécessitent des traitements différents, adaptés à l’enfant et à sa façon de réagir aux stimuli. Les méthodes comportementales, éducatives ou encore stimulatrices, exercées par des psychologues spécialement formés, sont ainsi plébiscitées par les proches des personnes atteintes d’autisme.

Chaque camp connaît ses défenseurs extrêmes, excluant totalement les préconisations de l’autre partie. Mais, selon une psychologue clinicienne contactée par 20Minutes, les deux approches ne sont pourtant pas inconciliables.

Le «soin» contre «l’adaptation»

Cependant, estime-t-elle, si les méthodes comportementales produisent des résultats, «elles doivent être associées à un travail thérapeutique». Selon la professionnelle, l’approche psychanalyse apporte «un soin», tandis que les méthodes alternatives offrent «une adaptation». «Les parents favorisent les approches comportementales parce qu’ils observent rapidement des progrès chez leurs enfants», explique-t-elle, «mais ça ne veut pas dire que les enfants vont mieux».

Difficile de trancher le débat. Aujourd’hui cependant, la Haute autorité de santé donne son avis, en désavouant de façon claire l’approche psychanalytique. Dans un rapport, publié le 8 mars prochain, mais que s’est procuré le journal Libération, la HAS estime que «l'absence de données sur l’efficacité (de ces méthodes) et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur les approches psychanalytiques, ni sur la psychothérapie institutionnelle». 

Enora Ollivier
Mots-clés
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr