Portraits de Didier Lestrade et Gilles Pialoux auteurs du livre "Sida 2.0", à Paris le 11 janvier 2012
Portraits de Didier Lestrade et Gilles Pialoux auteurs du livre "Sida 2.0", à Paris le 11 janvier 2012 - Vincent Wartner / 20MINUTES

Propos recueillis par Armelle Le Goff

Militant, journaliste et écrivain, Didier Lestrade est séropositif depuis vingt-cinq ans. Il codirige le site minorities.org. Gilles Pialoux est chercheur-clinicien, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon à Paris, vice-président de la Société française de lutte contre le sida (SFLS) et rédacteur en chef de vih.org. Ils ont décidé de raconter les trente années qui viennent de s’écouler depuis l’apparition de la maladie dans Sida 2.0 (éd. Fleuve Noir).

Où en est l’épidémie de sida en France?

Gilles Pialoux: On observe une stabilité globale de l’épidémie avec 130000 personnes vivant avec le VIH et 7000 nouvelles contaminations annuelles dans le pays. Mais l’épidémie progresse chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Enfin, 30000 personnes sont séropositives en France, mais l’ignorent.

Didier Lestrade: C’est pourquoi, il est très important de se faire dépister, soit parce qu’on ne l’a pas été, soit parce que l’exposition au risque VIH se répète.

Y a-t-il des signes d’une exposition au virus ?

G. P.: Les signes qui traduisent une primo-infection VIH sont le plus souvent anodins comme dans une grippe (fièvre, ganglions, éruption cutanée, etc.). Ils apparaissent en général quinze jours à trois semaines après la contami­nation.

Comment vit-on aujourd’hui avec le sida ?

D. L.: Plutôt bien en France métropolitaine grâce aux trithérapies. Mais l’accès aux soins n’est pas très bon dans les DOM-TOM. Il faudrait faire beaucoup d’efforts car en Guyane, par exemple, on se trouve avec un profil d’épidémie proche de l’Afrique.

Croyez-vous à la mise au point d’un vaccin, un jour?

D. L.: Je n’y crois pas. En outre, de mon point de vue, les capacités thérapeutiques mises au point aujourd’hui peuvent quasi faire office de vaccin.

G. P.: Je suis d’accord. La solution au sida ne peut venir du seul vaccin, la prévention est très importante.