Le scandale des prothèses PIP s’internationalise. En Grande-Bretagne, quelque 250 patientes ont ainsi porté plainte contre les cliniques qui ont posé leurs implants. «Plus de la moitié (des plaignantes) ont eu des ruptures de prothèses et nous représentons aussi d'autres femmes inquiètes des informations qui circulent», a déclaré à l'AFP l'avocate Esyllt Hughes.
«Nous aurions préféré poursuivre directement» la société française PIP qui fabriquait ces prothèses, «mais cette entreprise est en liquidation judiciaire, et selon nos informations elle n'était pas correctement assurée», a-t-elle ajouté.
PIP, qui aurait produit environ 300.000 prothèses en douze ans selon le site de la BBC, exportait plus de 80% de sa production. Principalement en Amérique du sud, mais aussi en Europe. Ainsi, si 280 patientes ont été recensées en Suisse, elles seraient 40.000 en Grande-Bretagne.
Les Britanniques ayant utilisé des prothèses mammaires PIP n'ont pas de raison de se les faire enlever, a affirmé ce mercredi l'agence britannique du médicament (MHRA), affirmant qu'il n'y avait «pas de preuve suffisante pour établir un lien avec le cancer». Comme son homologue française l’Afssaps dans son premier rapport, l’agence a indiqué que ses analyses sur le gel utilisé dans les prothèses PIP n'ont pas mis en évidence d'élément susceptible de favoriser un cancer ni aucun élément toxique.
Une attitude qui rappelle celle des autorités françaises quand les premiers cas de cancer ont été signalés chez des femmes porteuses de prothèses PIP. Le gouvernement annoncera cependant un nouveau plan d’actions vendredi, alors qu’au moins huit cas ont été rapportés. Les autorités pourraient annoncer le retrait systématique de toutes les prothèses de la marque. Une nouvelle qui ne manquera pas de faire son effet à l’étranger. Les dirigeants de la société, eux, restent introuvables.