Le Gardasil est indiqué pour la prévention du cancer du col de l'utérus.
Le Gardasil est indiqué pour la prévention du cancer du col de l'utérus. - F. DURAND / SIPA

Deux décès suspects, et pourtant la surveillance renforcée du Gardasil pourrait être levée. C'est ce que révèle un rapport confidentiel du comité technique de pharmacovigilance de l'Afssaps, l'agence française de sécurité sanitaire daté du 7 octobre, que 20 Minutes s'est procuré en exclusivité. Or, ce vaccin indiqué en prévention du cancer du col de l'utérus reste controversé. Et pour cause. Dans le rapport, deux cas de décès ont été notifiés par l'Afssaps après une vaccination au Gardasil.

Le premier cas concerne une jeune fille de 20 ans, qui, deux jours après la deuxième injection fait un malaise et connaît ses premières difficultés respiratoires. Quatre jours plus tard, elle consulte un médecin à la suite de tremblements et de crises de tachycardie. Elle est victime d'un malaise le soir. Le lendemain, soit sept jours après l'injection, elle est à nouveau prise de malaises avant de décéder d'un arrêt respiratoire. La deuxième jeune femme, âgée de 18 ans, souffrait d'obésité morbide. Elle est décédée deux mois et demi après la deuxième injection. A l'autopsie, aucune cause n'est décelée.

351 cas d'effets indésirables graves

Dans son rapport, l'Afssaps ne rend pas de conclusions sur ces décès. Mais ceux-ci viennent s'ajouter aux 351 cas d'effets indésirables graves également mentionnés. Parmi eux, 114 maladies auto-immunes ont été recensées, dont 17 scléroses en plaques, 11 polyarthrites, 14 purpuras thrombopéniques…

Selon le document, «les données présentées ici peuvent permettre tout au plus de s'assurer qu'il n'y a pas un nombre particulièrement important de maladies auto-immunes ou un type particulier d'une de ces maladies par rapport à ce qui est attendu en dehors de toute vaccination». Sur ces 114 maladies auto-immunes, «nous pouvons cependant remarquer que le nombre de cas de pathologies démyélinisantes arrive largement en tête, avec 43 cas». Une note précise: «Si l'on ne peut affirmer qu'il existe un lien causal [avec la vaccination], on ne peut certainement pas l'exclure», avant, finalement, de s'interroger sur un éventuel biais de notification: un lien possible avec le vaccin étant plus facilement évoqué pour ces atteintes par le personnel médical comme le grand public.

Du coup, et alors que le Gardasil est en surveillance renforcée depuis sa commercialisation, les membres du comité proposent de «passer la surveillance dans le cadre habituel». Dans son avis rendu hier, le Haut Conseil de Santé publique ne se prononce pas sur ce point, mais conclut que «le suivi des effets secondaires notifiés dans les suites d'une vaccination HPV n'a révélé à ce jour aucun signal de pharmacovigilance».

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