Comme un compte à rebours... Les autorités et Servier connaissaient les dangers du Mediator depuis 2009, 1999, 1998, 1997, nous annoncent les déclarations successives. Ce jeudi, Le Monde affirme que les laboratoires Servier savaient depuis au moins 1995 que leur médicament était nocif, ce qui ne les a empêchés de le commercialiser le médicament.
Le quotidien cite un rapport de la filiale britannique de Servier qui établissait en 1993 qu’«une fois absorbé par l'organisme, le Mediator donnait un composé, la norfenfluramine», dont il a été établi en 1995 qu'il était dangereux.
Dix ans de retard
Après avoir enquêté sur cet antidiabétique soupçonné d'avoir provoqué la mort de 500 à 2.000 personnes en France, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait conclu que le Mediator aurait dû être retiré du marché «dès 1999».
Le médicament, dont l'efficacité thérapeutique a été contestée par certains spécialistes dès les années 1990, a été retiré en 2009, bien plus tard que dans d'autres pays européens ou aux Etats-Unis. Il a été prescrit à au moins cinq millions de personnes en France entre 1976 et 2009. Selon plusieurs études, le Mediator est à l'origine directe de maladies cardiaques graves, les valvulopathies. Un lien contesté par Servier.