Des bâtons dans les roues de la justice? Le député socialiste Gérard Bapt s'inquiète du projet de centralisation à Paris des procédures ouvertes dans le scandale du Mediator, une mesure qui risque de retarder selon lui le cours de la justice.
Selon le président de la mission d'information de l'Assemblée nationale sur le Mediator, un tel dépaysement des dossiers ouverts à Nanterre «ne permettrait pas un traitement judiciaire rapide et adapté» du dossier.
Gérard Bapt souligne jeudi dans un communiqué que la première audience de la procédure pour «tromperie aggravée» ouverte en citation directe devant le tribunal de Nanterre était programmée en septembre.
Pour les parties civiles, cette procédure aurait l'avantage de permettre une éventuelle condamnation rapide du groupe pharmaceutique Servier, principal accusé par les familles des victimes.
Sur demande du ministère de la Justice
Or, le parquet général de Versailles a reçu instruction de la Chancellerie d'envoyer une requête en dépaysement à la cour de cassation pour dessaisir Nanterre de trois citations directes au profit du pôle de santé publique de Paris.
«Si la cour de cassation donne suite, l'affaire du Mediator ne viendra pas devant un tribunal avant plusieurs années», déplore Gérard Bapt.
Le tribunal de Paris a ouvert en février dernier deux informations judiciaires, l'une pour «tromperie aggravée» et l'autre pour «homicides involontaires».
Le Mediator, un antidiabétique très souvent prescrit comme coupe-faim, est soupçonné d'avoir provoqué 500 à 2.000 décès jusqu'à son retrait du marché en 2009.