Téléphones portables, claviers, sacs à main... Les objets qui nous entourent sont contaminés. Fabien Squinazi, directeur du laboratoire d'hygiène de la ville de Paris vous explique comment vivre avec.
Oui. Les lunettes, claviers d'ordinateurs, portables, clés, pièces de monnaie, les jouets des enfants... Les objets qu'on manipule le plus au quotidien recueillent des germes. Et plus ils sont utilisés fréquemment, plus ils sont contaminés. Le phénomène intervient de deux manières: par nos mains, qui les contaminent directement ou via d'autres surfaces, ou par l'air ambiant, les particules en suspension se déposant sur les objets.
Ils sont de deux types. Dans les prélèvements, on retrouve des germes inoffensifs pour notre santé, présents dans l'environnement, comme les sarcines, des staphylocoques non pathogènes, certains champignons. Mais on trouve aussi des germes dangereux, principalement des germes fécaux, transportés par les mains et qui donnent des gastro-entérites, ou des staphylocoques dorés, responsables d'abcès, de panaris ou autres infections cutanées, voire de virus -celui de la grippe par exemple- présents dans les sécrétions muqueuses du nez.
Pas nécessairement. Les désinfectants sont sélectifs, et détruisent les germes. Ce qu'il faut, c'est simplement les enlever. Il ne faut pas stériliser tous les objets autour de nous, pas vivre dans un milieu aseptisé. Il faut respecter un certain équilibre, les enfants par exemple ont besoin d'être au contact de germes pour s'immuniser. Ce qu'il faut, c'est éviter la prolifération des germes, qui se multiplient et deviennent dangereux s'ils sont en nombre trop important.
Se laver les mains d'abord, car elles sont le principal vecteur. Mon laboratoire avait mené une expérience qui montrait que quelqu'un qui ne se lave pas les mains après avoir été aux toilettes contamine une dizaine de personnes quand il leur sert la main. Et pour les objets, un nettoyage mécanique suffit: un linge humide, avec un peu de savon si l'objet est visuellement sale.