SANTE - L'organisation onusienne aurait subi la pression des laboratoires pharmaceutiques...
Une «pandémie» qui n'en est pas une? Le conseiller spécial de l'
Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la pandémie grippale,
Keiji Fukuda, a rendu des comptes ce mardi matin devant le
Conseil de l'Europe, une audition demandée par l'épidémiologiste allemand
Wolfgang Wodarg.
Influence des laboratoires?
Ce dernier accuse l'OMS d'avoir exagéré la menace de la grippe A sous la pression des laboratoires pharmaceutiques, avides d'écouler des vaccins qui présenteraient «
des risques pour la santé». «Nos enfants ont été vaccinés inutilement, l'OMS a fait une erreur grave et ne mérite pas notre confiance» a déclaré Wolfgang Wodarg devant la commission de la santé de l'assemblée du Conseil de l'Europe.
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Keiji Fukuda s'en est défendu, indiquant que l'agence onusienne «n'a pas été indûment influencée par les laboratoires» et a rappelé que les experts consultés, dont certains travaillent également pour des firmes pharmaceutiques, «doivent signer une déclaration relative à leurs intérêts privés».
Une pandémie «pas achevée»
Il s'agit bien d'une pandémie qui est «formellement établie,
qui n'est pas achevée» alors que le virus «est présent dans le monde entier», a ajouté Keiji Fukuda devant la commission.
Intervenant pour le groupement des fabricants européens de vaccins, le docteur Luc Hessel a rejeté les accusations de Wolfgang Wodarg sur la dangerosité des vaccins. «Sur 38 millions de personnes vaccinées en Europe, les problèmes constatés sont faibles à modérés», a indiqué Luc Hessel.
I
mpressions mitigées
Présent à l'audition, le député français
Denis Jacquat a été secoué par la «violence» des attaques de l'expert allemand. «S'attaquer à l'OMS, c'est grave. Je me demande s'il n'y a pas un règlement de compte derrière tout cela», indique à 20minutes.fr le député. «Perplexe» devant les accusations de Wolgang Wodarg, Denis Jacquat se dit convaincu par les interventions de Keiji Fukuda et de Luc Hessel.
A l'opposé, le député européen luxembourgeois
Jean Huss, interrogé par 20minutes.fr, a trouvé la les réponses de Keiji Fukuda «évasives voire navrantes». Au sujet des conflits d'intérêt entre les experts scientifiques et les laboratoires pharmaceutiques, Jean Huss trouve que l'OMS a «une drôle de conception d'une expertise objective, indépendante et neutre».
Plus de transparence
L'audition de l'OMS devant le Conseil de l'Europe a au moins été l'occasion pour l'OMS de montrer plus de transparence dans sa gestion de la pandémie grippale qui a tué au moins 14.142 personnes dans le monde depuis son apparition en mars-avril sur le continent américain, selon le dernier bilan publié par l'organisation onusienne.
C.C. avec agence