Cinq questions pour tout savoir sur les onze vaccins obligatoires depuis le 1er janvier

VACCINATION On fait le point sur les nouvelles obligations vaccinales à partir de ce mois de janvier...

Oihana Gabriel

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Dijon, le 6 janvier 2017. Illustration d'une vaccination contre la meningite avec le vaccin Nimenrix de la societe Pfizer. Campagne de vaccination sur le campus universitaire de Dijon.//LODIFRANCK_LODI001/Credit:LODI Franck/SIPA/1710101428

Dijon, le 6 janvier 2017. Illustration d'une vaccination contre la meningite avec le vaccin Nimenrix de la societe Pfizer. Campagne de vaccination sur le campus universitaire de Dijon.//LODIFRANCK_LODI001/Credit:LODI Franck/SIPA/1710101428 — SIPA

  • Faut-il faire vacciner tous les enfants? Quels sont les risques encourus par les parents récalcitrants? «20 Minutes» répond à cinq questions sur les vaccins obligatoires.
  • Si cette mesure a fait couler beaucoup d'encre, elle ne représente en réalité pas une révolution puisque plus de 70% des enfants sont déjà vaccinés contre ces onze maladies.

Depuis le 1er janvier, onze vaccins et non plus trois sont désormais obligatoires. Depuis des mois, la ministre Agnès Buzyn tente d’expliquer cette décision et de rassurer les parents qui émettent des doutes sur la sécurité et l’utilité de ces vaccins. « On a un recul de cent ans sur la population mondiale, on ne peut pas faire mieux comme étude in vivo ! », martèle-t-on du côté du ministère. Qui doit faire quels vaccins ? 20 Minutes fait le tour des questions que vous risquez de vous poser et propose une infographie de wk-pharma pour résumer la question.

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Quels sont les vaccins obligatoires ?

Avant 2018, seuls trois vaccins étaient obligatoires : ceux qui protègent contre la diphtérie, du tétanos et de la poliomyélite, communément appelés DTP. A partir de ce 1er janvier, il faudra donc faire vacciner tous les nouveaux nés contre huit autres maladies : la coqueluche, le virus de l’hépatite B, la bactérie Haemophilus influenzae (responsable des méningites), le pneumocoque, le méningocoque C, la rougeole, les oreillons, et la rubéole. Mais ces huit vaccins sont déjà recommandés… Et inoculés à 70 à 85 % des enfants selon les maladies aujourd’hui en France. « Il n’y aura pas de révolution au 1er janvier, assure un membre du cabinet de la ministre de la Santé. On a besoin de passer à 95 % d’enfants vaccinés pour toutes les maladies pour que 100 % de la population soit protégée. Le but, c’est que chacun comprenne que la vaccination, c’est nécessaire. Certains ont pu dire à une époque que mettre la ceinture de sécurité aux enfants, c’était une privation de liberté. Aujourd’hui, on sait que cette mesure sauve des vies. »

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Pour qui ?

Pour tous les enfants qui naissent à partir du 1er janvier 2018. Et cette obligation n’est pas rétroactive. En clair, tous les enfants nés avant 2018 qui n’ont pas reçu ces huit vaccins ne seront pas tenus de les faire.

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Des exemptions ?

Etudiée un moment, la ministre a finalement annoncé qu’il n’y aurait pas de « clause d’exemption » pour les parents hostiles aux vaccins. Les enfants nés à partir du 1er janvier devront avoir reçu ces onze vaccins pour être admis en collectivité, c’est-à-dire dans toutes les crèches (municipales, associatives, parentales…), écoles (publiques comme privées), centres aérés et autres colonies de vacances. En clair, les parents qui s’opposeront à cette obligation vaccinale devront faire l’école à la maison… En revanche, un délai est accordé aux parents. Pour qu’ils puissent inscrire leurs enfants dans les crèches, il faudra que le carnet vaccinal soit à jour au 1er juin 2018.

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Des sanctions ?

« Il n’est pas question de faire la chasse aux non vaccinés, c’est la responsabilité des parents pour protéger leurs enfants et ceux des autres », reprend ce membre du cabinet d’Agnès Buzyn. La ministre a d’ailleurs supprimé à l’automne les sanctions prévues par l’article L3116-4 du code de santé publique qui punissait de 6 mois de prison et 3.750 euros les parents qui refusent de se soumettre aux obligations vaccinales.

Ce qui ne veut pas dire que ces parents n’encourent aucune peine… En effet, un article du code pénal punit de deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende les parents qui compromettent de façon globale la santé de leur enfant mineur. Concrètement, un enfant pourrait attaquer ses propres parents. « Il faut rappeler que les enfants atteints de cancer ou qui ont un problème d’immunodépression ne peuvent être vaccinés », souligne-t-on au cabinet de la ministre. Si jamais un enfant non vacciné contaminait un enfant qui pour des raisons médicales ne peut l’être, les parents qui n’ont pas respecté l’obligation peuvent être attaqués par d’autres parents ou la collectivité. Des cas rares tout de même.

Un risque d’approvisionnement ?

La France a déjà fait face à des pénuries de vaccins, notamment pour le DTP. Les laboratoires ont-ils prévu le coup ? Pas d’inquiétude, répond le ministère. « On a demandé aux laboratoires qu’il y ait les approvisionnements nécessaires. Ils sont prévenus depuis six mois et rien ne laisse penser qu’il puisse y avoir des problèmes d’approvisionnement. On ne part pas de zéro puisque plus de 70 % des enfants sont déjà vaccinés. »