• La deuxième salle de shoot de France, première de province, est née à Strasbourg le 7 novembre 2016.
  • Un an plus tard, plus de 8.000 passages ont été recensés, plus de 80.000 seringues distribuées.
  • Les responsables du lieu aimeraient maintenant voir sa capacité grandir et même intégrer des lits haltes soins santé.

Tous les jours depuis le 7 novembre 2016, de 13 h à 19 h, ils sont au moins cinq, infirmiers, éducateurs spécialisés, assistants sociaux, médecins ou psychiatres, à accueillir les usagers de drogues dans les locaux d’Argos, la salle de consommation à moindre risque (dite de shoot) de Strasbourg, la seconde en France. « Leurs habitudes sont toutes différentes », décrit Anne-Sophie Koch, infirmière.

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Autour des six postes d’injections, deux « de sniff » et quatre d’inhalation du bâtiment situé au Nouvel hôpital Civil, quai Menachem Taffel, ils veulent limiter les risques et les overdoses, offrir un accès aux soins et une écoute à des personnes souvent en grande précarité. Ils proposent aussi vêtement ou petit repas à l’aide de partenaires comme la Banque alimentaire et la banque de l’objet.

Educateur spécialisé, Frédéric Krembel précise :

« Ils viennent surtout prendre soin d’eux. Et nous, on est d’abord là pour les considérer comme des personnes. »

Les usagers redirigés vers des services médicaux si besoin

En un an, la grosse vingtaine de salariés a recensé 8.000 passages – autour, notamment, d’environ 250 usagers réguliers – et distribué 80.000 seringues. « La plupart, on les voit tous les jours, raconte Hélène Niva, infirmière. On est dans l’échange avec eux. Des liens forts se nouent, forcément. » Mais pas question pour eux de se substituer à d’autres acteurs.

La salle de consommation à risque moindre dit salle de shoot. Strasbourg le 7 novembre 2016.
La salle de consommation à risque moindre dit salle de shoot. Strasbourg le 7 novembre 2016. - G. Varela / 20 Minutes

A près de 200 reprises, ils ont par exemple redirigé des usagers vers différents services de l’hôpital. Après avoir présenté une volonté de sevrage, une jeune femme dispose pour sa part aujourd’hui d’un traitement de substitution. Mais les responsables veulent partager plus encore largement l’existence de cette salle et prendre médicalement en charge le plus tôt possible, en cas de besoin.

Des lits halte soins santé en projet au premier étage pour 2018

Pour l’avenir de cette expérimentation d’une durée de six ans (et suivie par une évaluation scientifique), l’association gestionnaire Ithaque et la ville aimeraient enfin voir sa capacité d’accueil grandir. Puis intégrer, d’ici fin 2018 et au premier étage, des lits halte soins santé destinés à proposer des traitements de plusieurs semaines pour des personnes sans domicile fixe.

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Tandis que Bordeaux et Marseille travaillent sur de telles salles, celle de Paris, ouverte à l’automne 2016 dans un quartier populaire du Xe arrondissement, compte plus de 800 inscrits. Mais, comme en province, d’autres villes de la métropole parisienne pourraient aussi se lancer. Pour les aider, les associations impliquées - comme Ithaque - créent justement un réseau européen. Dont un colloque pourrait se tenir à Strasbourg.

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