Démence: Les jeux vidéo réduiraient le risque chez les personnes âgées

ETUDE S’adonner à des exercices mentaux sur ordinateur réduirait le risque de démence de près de 30 %…

20 Minutes avec agences

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Console de jeux (illustration)

Console de jeux (illustration) — Sierakowski/SOPIX/SIPA

Jouer pour ne pas devenir fou. La méthode est efficace selon une étude publiée ce jeudi dans la revue Alzheimer’s and Dementia : Translational Research and Clinical Interventions. Des personnes âgées ayant fait quelques heures d’exercices mentaux sur un ordinateur auraient ainsi réduit de près de 30 % en moyenne leur risque de démence.

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Les résultats préliminaires de cette étude, qui a duré dix ans, avaient été dévoilés en juillet 2016 à la conférence internationale annuelle de l’Association d’Alzheimer à Toronto au Canada.

Des exercices pour doper la capacité de réaction et de mémorisation

Financés par les Instituts nationaux américains de la santé, les travaux ont été menés avec plus de 2.800 participants en bonne santé âgés de 74 ans au début de l’expérience. Une partie, choisie au hasard, a été soumise à ces exercices mentaux appelés « double décision ». Ils consistent à identifier rapidement des objets sur ordinateur. Ce test vise à doper la capacité de réaction et de mémorisation.

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Les autres participants ont été répartis en trois groupes. Le premier a effectué des exercices classiques de mémorisation, le second des exercices de raisonnement et le troisième a servi de groupe témoin.

Une étude controversée

Les scientifiques ont évalué comment les participants effectuaient leurs différentes tâches quotidiennes en les interrogeant. « La pratique du jeu de réactions mentales a entraîné une réduction de 29 % du risque de démence pendant les dix ans de l’étude comparativement au groupe de contrôle », a résumé Jerri Edwards, chercheur à l’Université de Floride du sud, le principal auteur. Aucune différence n’a été constatée dans les deux autres groupes.

Cependant, cette étude est remise en cause par de nombreux spécialistes parmi lesquels le professeur de psychiatrie Rob Howard de l’University College de Londres. « Ces résultats indiquant une réduction apparente du risque de démence après avoir effectué seulement quelques heures d’entraînement à des exercices cognitifs, sont plutôt surprenants et devraient être jugés avec réserve, estime-t-il. Je trouve invraisemblable qu’une pratique aussi brève de ces exercices mentaux puisse avoir eu cet effet ».