Colliers, bracelets, bagues et autres boucles d’oreilles peuvent contenir d’importantes quantités de métaux lourds, révèle une enquête de la Répression des fraudes menée dans le secteur des bijoux fantaisie.

Fabriqués à grande échelle dans différents matériaux (plastique, nacre, tissu ou métal), ces produits font l’objet d’une réglementation spécifique. Les autorités ont ainsi contrôlé 758 établissements et analysé 144 échantillons, rapporte Santé magazine.

Plus du tiers des échantillons ne respectaient pas les normes

Les résultats sont inquiétants : plus du tiers des échantillons ne respectaient pas la réglementation. 257 avertissements et 29 injonctions ont été rédigés. En cause, tout d’abord, la composition réelle du bijou, qui n’est pas toujours celle annoncée sur les étiquettes. « On a constaté des dénominations "cristal" pour du verre, "perle" pour des perles d’imitation, "pierre" pour de la pierre reconstituée, "plaqué or" pour une couche d’or inférieure à 3 microns », expliquent les experts.

Plus inquiétant, l’enquête montre aussi la présence de métaux lourds ou de substances allergisantes dans 30 % des 144 prélèvements. Selon la Répression des fraudes, « leur teneur en plomb, cadmium et/ou nickel dépasse les prescriptions réglementaires ».

>> A lire aussi : Rouen: Trente-deux mille montres chinoises pour enfants saisies car elles contenaient trop de plomb

Des bijoux hors-la-loi

Ainsi 22 bijoux ne respectaient pas les limites de concentration en plomb, 16 pour le cadmium. Quant au nickel, 17 bijoux sont hors-la-loi, l’un d’eux libérait même 210 microgrammes par centimètre carré par semaine alors que la limite est fixée à 0,5.

« Ces bijoux dangereux ont fait l’objet de retraits ou de rappels systématiques, pour certains de destruction ou de réexpédition vers les pays d’origine. Dix signalements auprès du système d’alerte européen Rapex ont été effectués », précise la DGCCRF.

Le taux de plomb maximal autorisé dépassé dans des produits pour enfants

Les effets d’une exposition aux métaux lourds peuvent être graves car ces derniers s’accumulent dans l’organisme, et peuvent, à long terme, impliquer « d’éventuelles propriétés cancérogènes », selon le ministère de l’Environnement. Mais on relève aussi de nombreux cas d’allergie, respiratoire ou cutanée.

En 2012, une enquête similaire avait été réalisée aux Etats-Unis, par l’association Ecology Center. Ses experts avaient analysé 99 produits destinés aux enfants et aux adultes, vendus par 14 enseignes parmi lesquelles figuraient H&M, Forever 21 ou Claire’s. Les résultats avaient alors montré la présence de chrome et de nickel à forte dose dans 90 % des articles. En outre, 27 % des échantillons dépassaient le taux de plomb maximal autorisé dans des produits pour enfants.