VIDEO. Affaire Levothyrox: Merck condamné à fournir l'ancienne formule à 25 patientes de Haute-Garonne

JUSTICE Le tribunal de grande instance de Toulouse a condamné le laboratoire Merck à fournir l’ancienne formule du Levothyrox à des patientes de Haute-Garonne…

Beatrice Colin

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Illustration du Levothyrox

Illustration du Levothyrox — SIPA

  • Le tribunal de grande instance de Toulouse a condamné le laboratoire Merck à fournir de l’Euthyrox, l’ancienne formule du Levothyrox, à 25 patientes de Haute-Garonne.
  • En cas de non-réapprovisionnement des pharmacies des patientes sous quarante-huit heures, le laboratoire est condamné à une astreinte de 10.000 euros par jour.
  • Le PDG de Merck France, Thierry Hulot, a annoncé l'importation, d'ici la fin de l'année, de quelque 200.000 boîtes supplémentaires de l'ancienne formule.

Le tribunal de grande instance de Toulouse a condamné ce mardi le laboratoire Merck à fournir l’ancienne formule du Levothyrox à des patientes de Haute-Garonne.

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Sylvie Chéreau, la fondatrice du Collectif de victimes du nouveau Levothyrox (VNLO).
Sylvie Chéreau, la fondatrice du Collectif de victimes du nouveau Levothyrox (VNLO). - B. Colin / 20 Minutes

Soutenues par le collectif des victimes du nouveau Levothryox, elles avaient lancé une procédure en référé pour contraindre le laboratoire à réapprovisionner le marché français. Celle-ci avait été examinée le 8 novembre par la justice toulousaine.

10.000 euros d’astreinte par jour

« C’est une pression non négligeable à livrer de l’Euthyrox [l’ancienne formule du Levothyrox commercialisée dans les autres pays européens]. Si le laboratoire ne fournit pas le médicament sous quarante-huit heures au pharmacien des patientes, il aura une astreinte de 10.000 euros par jour de retard pour infraction constatée. Les pharmaciens remettront une attestation aux patientes », indique Jacques Lévy,l’avocat des 92 patientes qui avaient lancé la procédure. Seuls 25 dossiers ont été retenus, ceux des habitantes de Haute-Garonne, du ressort géographique du tribunal de grande instance.

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Marc Pouyssegur, le président du TGI qui s’était déplacé en personne dans une pharmacie lors de l’audience pour vérifier qu’il ne pouvait se fournir en Levothyrox, a aussi indiqué dans son jugement que le «laboratoire ne saurait se retrancher derrière l’absence actuelle d’autorisation de mise sur le marché du médicament ancienne formule […] continue à être fabriqué et être vendu dans tous les pays limitrophes en Europe. Que la société Sasu Merck Santé a obtenu de façon légale et réglementaire une autorisation temporaire d’importation, d’autorisation qui emporte nécessairement, pour les stocks considérés, une réactivation de l’autorisation de mise sur le marché ».

Une victoire pour les patientes

Face à la colère de plusieurs patientes, victimes de plusieurs maux après la prise de la nouvelle formule, le ministère de la Santé avait autorisé le fabricant à piocher dans les stocks destinés aux autres pays européens et à fournir 190.000 boîtes de 100 comprimés, rapidement en rupture de stock.

« Nous étions obligées d’aller acheter de l’Euthyrox en Espagne et d’en envoyer à des patientes. C’est grave parce que peut-être que nous n’en avons pas le droit. Il y a un drame sanitaire et cette décision est pour nous une grande victoire. Il va falloir maintenant comprendre ce qui nous est arrivé, car aujourd’hui c’est le Levothyrox, mais demain ce sera peut-être un autre médicament », souligne Sylvie Chéreau, la fondatrice du collectif VNLO.

Importation de 200.00 boîtes de l’ancienne formule

En réponse à cette décision de justice, le PDG de Merck France, Thierry Hulot, a annoncé mardi à l’AFP l’importation, d’ici la fin de l’année, de quelque 200.000 boîtes supplémentaires de l’ancienne formule du Levothyrox, à la demande de l’agence du médicament, « pour accompagner plus longtemps » les patients qui en ont besoin. Il a en outre annoncé son intention de faire appel de la décision du tribunal de grande instance de Toulouse.