• En France, l'utilisation des antibiotiques est supérieure de près de 50% à la moyenne des pays de l'OCDE.
  • Si la consommation d'antibiotiques a globalement baissé de 11,4% en France entre 2000 et 2015, elle a augmenté de 5,4 % entre 2010 et 2015.
  • L'OMS tire régulièrement la sonnette d'alarme sur l'augmentation de la résistance aux antibiotiques.

«Les antibiotiques, c'est pas automatique»... vraiment? Si ce slogan de 2002 a marqué les mémoires, les Français consomment toujours trop de ces médicaments, malgré des années de sensibilisation, au risque de rendre certaines bactéries résistantes, souligne l'OCDE dans son Panorama de la santé 2017.

«Les médecins ont la main lourde», commente Valérie Paris, spécialiste des politiques de santé à l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) qui regroupe 35 pays. Selon elle, «il y a beaucoup de prescriptions d'antibiotiques non justifiées», par exemple pour des angines virales et non bactériennes, alors que les antibiotiques sont destinés à combattre les bactéries.

Seule la Grèce en consomme davantage que la France

Si la France fait partie des bons élèves (espérance de vie, qualité du système de soins...), la surprescription d'antibiotiques reste un point noir: dans l'OCDE, seule la Grèce en consomme davantage.

«En France, l'utilisation des antibiotiques est supérieure de près de 50% à la moyenne des pays de l'OCDE», écrit l'organisation. La consommation de la France se monte à 30 «doses quotidiennes définies» (une unité de mesure statistique) pour 1.000 habitants, contre 20 en moyenne dans les pays de l'OCDE. A titre d'exemple, le pays qui en consomme le moins, les Pays-Bas, affiche un score de 10, soit trois fois moins que l'Hexagone.

«Il y a eu beaucoup de campagnes de sensibilisation mais elles ont un effet limité dans le temps. On avait observé une petite inflexion mais c'est reparti à la hausse depuis deux ou trois ans environ», relève Mme Paris.

Il y a un an, la précédente ministre de la santé, Marisol Touraine, avait lancé une grande offensive contre cette surconsommation.

La consommation d'antibiotiques repart en hausse

Si la consommation d'antibiotiques a globalement baissé de 11,4% en France entre 2000 et 2015, elle a augmenté de 5,4 % entre 2010 et 2015, notait l'Agence du médicament ANSM dans un rapport publié en janvier. Selon ce document, 93% de la consommation d'antibiotiques provient de la médecine libérale et 7% des établissements hospitaliers.

La question dépasse les frontières françaises. L'OMS (Organisation mondiale de la santé) tire régulièrement la sonnette d'alarme sur l'augmentation de la résistance aux antibiotiques et le manque de nouveaux médicaments en développement. «La résistance aux antimicrobiens est une urgence sanitaire mondiale qui met sérieusement en péril les progrès de la médecine moderne», a prévenu le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus en septembre.

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Attention aux «superbactéries»

L'OMS a publié en février la liste de douze familles de «superbactéries» contre lesquelles elle juge urgent de développer de nouveaux traitements, en plus de la tuberculose résistante déjà prioritaire. En France, on estime que la résistance antibiotique cause 12.500 décès par an, des chiffres «probablement sous-estimés», soulignait un rapport remis mi-septembre au ministère de la Santé. «C'est un débat international très fort, tous les pays s'inquiètent», commente Francesca Colombo, chef de la division de la santé de l'OCDE.

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Plus globalement et au-delà de la question des antibiotiques, «le système de santé en France est bon», avec des «indicateurs plutôt favorables, où la France fait mieux que la moyenne de l'OCDE», poursuit-elle. C'est notamment le cas de l'espérance de vie à la naissance, qui est la sixième des pays de l'OCDE (82,4 ans contre 83,9 pour le premier, le Japon, et 80,6 pour la moyenne de l'OCDE). En revanche, la France fait moins bien que la moyenne de l'OCDE en ce qui concerne le tabagisme (22% de la population de plus de 15 ans contre 18) et la consommation d'alcool (12 litres d'alcool pur par an et par habitant de plus de 15 ans contre 9).

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