Une mutation du virus a considérablement réduit l’efficacité du vaccin contre la grippe en 2016. Seulement 20 à 30 % des personnes vaccinées ont effectivement été protégées contre la maladie, selon une étude publiée lundi dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS).

Or, le vaccin pour la saison 2017-2018 est similaire à celui de l’an dernier, ce qui augure une saison « difficile si elle est de nouveau dominée par le virus H3N2 », explique Scott Hensley, professeur à la faculté de médecine Perelman de l’université de Pennsylvanie et principal auteur de l’étude. « Mais en attendant tout le monde devrait se faire vacciner chaque année contre la grippe car même une protection limitée contre les virus H3N2 vaut mieux que rien », recommande le scientifique.

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Les chercheurs préconisent une nouvelle méthode de production

Cette protection réduite l’an dernier s’explique par une mutation de la souche H3N2 dominante en 2016, expliquent les virologues. Le vaccin 2016 avait bien été « actualisé » pour y inclure la nouvelle version de cette protéine mutante mais sans grand succès, précise-t-il. Les auteurs de ces travaux plaident par conséquent pour une technique différente de production du vaccin n’utilisant pas d’œufs.

Aujourd’hui, la plupart des protéines virales de vaccins sont purifiées à partir de virus cultivés dans des œufs de poule. Mais une petite partie des vaccins est produite à partir de cultures cellulaires, plus rapides et plus souples.

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« Accroître la production de vaccins qui ne dépend pas des œufs »

Or Scott Hensley et son équipe ont constaté que la protéine mutante du virus H3N2 se développait mal dans des œufs. Au contraire, les anticorps à cette nouvelle protéine produits dans des cultures cellulaires ont eux été efficaces, soulignent-ils.

« Nos expériences suggèrent que des antigènes du virus de la grippe cultivés dans des systèmes autres que des œufs sont probablement plus aptes à déclencher une réaction immunitaire en produisant des anticorps neutralisant les virus H3N2 en circulation, explique le professeur Hensley. Nos données suggèrent que nous devrions investir dans de nouvelles technologies permettant de nettement accroître la production de vaccins contre la grippe qui ne dépend pas des œufs ».