• La luminothérapie est une thérapie par la lumière, qui permet de resynchroniser son horloge biologique perturbée lors de changements d'heure et de l'arrivée de l'automne. 
  • Le manque de lumière est compensé par une exposition, entre une demi-heure et une heure par jour à cette lumière blanche. 
  • Un traitement sans effet secondaire plus efficace pour la dépression saisonnière que les anti-dépresseurs. 

En plus de la pluie et du ciel gris, ce dimanche, il fera nuit à 17h35. Le changement d’heure, ce week-end donc, marque souvent le lancement des hostilités pour toutes les personnes qui souffrent de dépression saisonnière et autre blues hivernal. Autant de troubles liés au manque de lumière, qui peut provoquer grosse fatigue, boulimie et tristesse.

Mais depuis 2005, une solution sans effet secondaire s’est démocratisée : la luminothérapie. Elle consiste à s’exposer chaque jour à une lumière artificielle blanche, mimant celle du soleil, pour stimuler la production d’hormones de la vigilance et de la forme et bloquer celle du sommeil (la mélatonine). Si certains suivent des cures dans des centres de bien-être, depuis quelques années, les lampes de luminothérapie, devenues abordables (entre 70 et 200 euros), ont éclos dans les rayons.

Qui en a besoin ?

« La luminothérapie est utile pour les personnes qui souffrent d’une dépression saisonnière, c’est-à-dire qui traversent systématiquement entre septembre-novembre et jusqu’au mois de mars une dépression clinique, assure Christian Even, psychiatre à Paris. Entre 0,4 et 2 % de la population souffrent de cette dépression saisonnière. » Selon des études, la luminothérapie serait efficace pour trois patients sur quatre… Et ce traitement serait plus efficace que les anti-dépresseurs !

Utile seulement pour les dépressions lourdes ou pour l’ensemble des troubles affectifs saisonniers (TAS) ? « Les deux mon général, sourit François Duforez, médecin du sommeil à l’Hôtel-Dieu. Pour les dépressifs, c’est dans un but thérapeutique. Pour ceux qui ont moins d’énergie, c’est du préventif car on stabilise l’humeur. »

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Comment choisir sa lampe ?

Premier réflexe : repérer le marquage CE médical, qui assure une sécurité. A chacun ensuite d’adapter en fonction de ses besoins. Sachant que l’efficacité dépend à la fois de la durée d’exposition, de la puissance (de 2.500 à 10.000 lux, l’unité de mesure) et de la distance entre votre œil et la lampe. Si vous travaillez à la maison, pas besoin de vous lever aux aurores pour faire votre cure. Vous pouvez vous offrir une lampe de bureau de luminothérapie, avec une puissance faible. « La lumière n’a pas les mêmes effets sur chacun. Certaines personnes sont plus sensibles que d’autres. Donc pour un meilleur confort, prenez une lampe avec un variateur », conseille François Duforez.

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Comment s’exposer ?

Si porter des lunettes de soleil nuit au traitement, pas besoin non plus de planter son regard dans celui de sa lampe-thérapeute. « Elle agit sur les cellules périphériques de l’œil, pas sur la rétine centrale », reprend le spécialiste du sommeil. Il faut donc que la lampe reste dans le champ visuel à 180 degrés, mais il est déconseillé de fixer directement la source lumineuse, tout comme le soleil ».

Côté timing, il est important de s’exposer le matin. « Pour avoir une pertinence sur la synchronisation entre votre horloge biologique et le jour, il faut que la séance soit terminée avant 8h », préconise le Dr Even. « On s’aperçoit que la lumière a un effet aux heures extrêmes : au lever et au coucher, renchérit le Dr Duforez, fondateur du European Sleep Center à Paris. C’est donc inutile l’après-midi. Et le soir, certains auraient du mal à s’endormir ».

On peut donc petit-déjeuner en compagnie de sa compagne lumineuse, soit une demi-heure à 10.000 lux, soit une heure à 2.500 lux. En respectant une distance de sécurité : entre 20 et 30 cm de votre œil. Attention à ne pas s’attarder la moitié de la journée, vous risquez des maux de tête. « On peut en mesurer l’efficacité au bout de deux ou trois jours», avance le Dr Duforez. Même si pour la mener à bien, le patient doit s'exposer chaque jour pendant trois semaines environ.

Quelles contre-indications ?

Bonne nouvelle, il y en a très peu ! « Avec cette lumière blanche, il n’y a pas d’UV, donc elle ne provoque ni bronzage, ni brûlure, ni cancer », rassure Christian Even. En revanche, cette thérapie est à éviter pour les personnes souffrant de troubles ophtalmiques comme la cataracte, la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), le glaucome ou une conjonctivite. « Quand les gens prennent des médicaments photosensibilisants -certains antibiotiques ou gels anti-inflammatoires- ils peuvent avoir des problèmes de peau », avertit François Duforez.

« Si on a un trouble bipolaire, le traitement par luminothérapie peut induire un virage de l’humeur, c’est-à-dire que le patient peut passer à un état d’euphorie », précise le psychiatre.

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