VIDEO. Montpellier: Un très gros chèque contre le cancer du sein

SANTE La somme recueillie lors d'un gala caritatif va financer un nouvel équipement très attendu. A Montpellier, seule une femme sur deux se fait dépister dans les structures dédiées…

Jerome Diesnis

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Les parapluies roses dans la rue de la loge à Montpellier, à l'occasion d'Octobre rose

Les parapluies roses dans la rue de la loge à Montpellier, à l'occasion d'Octobre rose — Nicolas Bonzom / Agence Maxele Presse

  • Un gala de charité organisé jeudi a permis de récolter 100.000 euros qui permettront de financer en partie le CyTOF, « un équipement révolutionnaire pour la médecine de précision ».
  • A Montpellier, seule une femme sur deux se fait dépister dans les structures dédiées.
  • Les parapluies roses qui étaient installés rue de la Loge avant d’être enlevés mercredi, en raison de l’alerte météorologique, seront vendus 10 euros lors d’une conférence le 26 octobre, salle Pétrarque.

Les parapluies qui décoraient poétiquement la rue de la Loge depuis le début du mois ont été enlevés mercredi. L’alerte orange émise par Météo France a précipité le décrochage de ces ombrelles pour éviter tout risque de pépin avec les orages annoncés. Ils seront vendus 10 euros l’unité le 26 octobre (à 18h30) lors d’une conférence grand public sur le cancer du sein organisé salle Pétrarque.

Les parapluies ne sont plus là, mais le message est passé, cette année encore : tout au long du mois, les bénévoles du collectif Octobre rose ont sensibilisé les passantes à la lutte contre le cancer du sein. Car malgré les campagnes de communication, on est loin du compte.

Dans le département, où 130.000 femmes y sont éligibles, le taux de dépistage (au sein des structures spécialisées) n’atteint encore que 62 %. L’Hérault se place dans la seconde moitié des départements français. Un taux qui tombe à 56 % à Montpellier (contre 69,9 % dans le canton de Clapiers) et 52 % seulement à Béziers.

En 25 ans deux fois plus de cas dépistés, la proportion de mortalité divisée en deux

En 2012 (les études sont réalisées tous les cinq ans), 967 cancers du sein ont été détectés chez les patientes et… cinq chez les hommes. Ils ont entraîné 182 décès. « Le dépistage a une double fonction, détaille Joseph Pujol, professeur en imagerie au CHRU de Montpellier. Réduire la mortalité mais aussi améliorer les conditions de vie des femmes traitées lorsque les tumeurs étaient encore de petite taille. »

La brutalité des chiffres cache une amélioration pourtant perceptible. En 1987, le nombre de décès dans l’Hérault s’élevait à 167, pour moitié moins de cancers détectés (415). Le dépistage plus précoce a sauvé chaque année le double de vies.

Le succès de la mammobile

Depuis 1989, l’Hérault s’est doté d’un mode de dépistage spécifique : la mammobile, qui se déplace dans les zones (rurales ou non) où le dépistage est insuffisant. Elle touche environ 20 % de la population détectée. « Nous avons copié ce qui se faisait aux PaysBas ou en Suède », note le professeur Joseph Pujol qui porte ce programme. « Tout le monde a compris aujourd’hui que nous étions complémentaires à l’action des radiologues. »

Mais la lutte contre le cancer coûter cher. L’ICM (l’insitut du cancer de Montpellier) organisait jeudi une soirée de gala caritatif pour contribuer au financement du CyTOF, « un équipement révolutionnaire pour la médecine de précision, explique le professeur Marc Ychou, directeur du Cancéropôle Grand Sud-Ouest. Il permettrait à nos chercheurs d’identifier tous les sous-types de cellules présents au sein de la tumeur, un pseudo-organe complexe. Pour la première fois en France, il sera possible d’en réaliser une cartographie précise ».

100.000 euros collectés lors de la soirée de gala

Lors de cette soirée parrainée par l’ancien footballeur Laurent Blanc, « 100.000 euros ont été levés lors du gala de charité auprès de la trentaine d’entreprises et des 350 personnes présentes », détaille Ivannick Chataigné, responsable communication et mécénat à l’ICM, qui pilote le collectif Octobre rose.

Des maillots de football, des peintures ou encore une lithographie d’Hervé Dirosa étaient proposés aux enchères. Cerise sur le gâteau : le fonds de dotation du MHR a apporté un chèque de 20.000 euros.