Cancer : Attention à cette citation anti chimio, qui date de... 50 ans

FAKE OFF Une déclaration qui a encore moins de sens en 2017...

M.C.

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Une citation utilisée par des opposants à la chimiothérapie et largement reprise sur internet a en réalité 50 ans.

Une citation utilisée par des opposants à la chimiothérapie et largement reprise sur internet a en réalité 50 ans. — DURAND FLORENCE/SIPA

  • « Des gens qui ne meurent pas du cancer mais de la chimio » ? Cette citation n’en finit pas de faire le tour du web.
  • Problème, le professeur américain qui l’a dite est mort il y a presque quarante ans…
  • Et ses données dataient d’il y a presque un siècle !

La chimiothérapie est dans le viseur de nombreux sites alternatifs, qui relaient cette citation choc d’un professeur de Berkeley : « Les personnes qui ont refusé un traitement de chimiothérapie vivent en moyenne 12 ans et demi de plus que les personnes qui reçoivent une chimiothérapie. » Il aurait ajouté que « les gens qui acceptent la chimiothérapie meurent dans les trois ans, et de nombreuses personnes seulement quelques semaines après le début du traitement. »

Des déclarations, qui, à première vue, mettent en doute l’efficacité et le bien-fondé de ce traitement contre le cancer. Sauf que le professeur est mort en 1978 et que ces citations sont bien anciennes… C’est ce point qui n’est pas précisé par les sites alternatifs.

FAKE OFF

Hardin B. Jones était professeur de physiologie à l’université de Berkeley. Ces citations seraient extraites d’une présentation donnée à une conférence scientifique en 1969 et d’une étude publiée dans la revue Transactions de la New York Academy of Sciences en 1956, selon le site Snopes. Ces publications ont donc 48 et 61 ans…

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Ces citations sont-elles encore valables en 2017 ? En un demi-siècle, la recherche médicale a considérablement progressé. Hardin B. Jones étudiait les cancers du sein. Selon lui, le taux de survie à cinq ans après un cancer du sein était de 25 %. En France, la survie nette à cinq ans à un cancer du sein est de 88 % en 2013, selon des données publiées par l’institut de veille sanitaire, les registres des cancers, les hôpitaux de Lyon et l’institut national du cancer.

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Les données mises en avant par le professeur américain étaient déjà datées à son époque. Comme le relève le docteur Moran, un chirurgien australien à la retraite, Hardin Jones travaillait à partir de données publiées en 1926, 1937 et une troisième date inconnue. Des éléments qui ont donc 91 et 80 ans. « Comme les cancers traités à cette époque était généralement à un stade avancé, il est probable que la plupart de ces patients seraient incurables même aujourd’hui », détaille le docteur Moran, qui met également en doute la méthodologie utilisée à l’époque pour les essais cliniques.

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