« Danger » ou « interdit ». A partir de mardi, deux types de pictogrammes représentant une femme enceinte apparaitront sur les boites de médicaments dont la prise comporte des risques pendant la grossesse.

Les nouveaux pictogrammes qui seront apposés à partir du 17 octobre 2017 sur les boites de médicaments comportant des risques en cas de grossesse, et ceux déjà existants.
Les nouveaux pictogrammes qui seront apposés à partir du 17 octobre 2017 sur les boites de médicaments comportant des risques en cas de grossesse, et ceux déjà existants. - DGS

« Apposés par les laboratoires sur les médicaments concernés », ces pictogrammes, annoncés en mai dernier, offrent « une meilleure visibilité de l’information relative à ces risques, déjà signalée dans la notice du médicament », a annoncé la Direction générale de la santé (DGS) dans un communiqué.

>> A lire aussi : Certains médicaments contre la douleur sont dangereux pour le foetus

60 % des médicaments concernés

Il existera deux types de pictogrammes. Le premier est un pictogramme « danger » (une silhouette de femme enceinte dans un triangle rouge), pour signaler « aux patientes que le médicament doit être utilisé uniquement s’il n’y a pas d’autre médicament disponible. »

Le second est un pictogramme « interdit », qui « signale aux patientes que le médicament ne doit pas être utilisé ».

Cette mesure concernera « une large part de la pharmacopée » pour rappeler que « l’utilisation de médicaments pendant la grossesse n’est pas banale et nécessite l’avis d’un professionnel », selon la DGS.

60 % des médicaments comporteront un pictogramme grossesse, dont un tiers le pictogramme « interdit » et deux tiers le pictogramme « danger », est-il précisé dans un questions-réponses mis en ligne sur le site du ministère de la Santé.

Outre les femmes enceintes, certains de ces avertissements pourront concerner les adolescentes ou les femmes en âge de procréer, et sans contraception efficace, ce qui sera précisé sur la boîte.

>> A lire aussi : Dépakine: Les premiers dossiers d'enfants malformés ou autistes examinés ce jeudi par l'Office d'indemnisation

Eviter un nouveau scandale sanitaire

Les femmes qui prennent ces médicaments ne doivent « en aucun cas » arrêter les traitements ou modifier les doses prescrites sans avis médical (médecin, sage-femme, pharmacien…), même après la découverte d’une grossesse, rappelle la DGS.

La mise en place de ces pictogrammes s’inspire d’une mesure similaire prise il y a quelques moisconcernant les médicaments contenant du valproate, comme l’antiépileptique Depakine.

C’est l’association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac) qui réclamait l’apposition de tels pictogrammes sur les médicaments contenant du valproate, nocifs pour les foetus et auxquels des dizaines de milliers de femmes ont été exposées depuis les années 60.

Deux autres types de pictogrammes existent déjà pour certains médicaments : l’un pour alerter les patients des risques encourus au volant (3 niveaux de risque) et l’autre pour mettre en garde contre la sensibilité au soleil des zones traitées.